Sarthe

Industrie

Les nappes et serviettes de CGMP prennent le virage numérique

Par Cédric Menuet, le 02 mai 2018

Le fabricant de nappes et serviettes en papier CGMP investit pour la première fois dans une machine numérique. Une technologie qui lui ouvre notamment la porte du marché de la grande consommation.

CGMP produit chaque jour 10 millions de serviettes et 2 000 kilomètres de nappes en papier depuis ses ateliers de Tuffé.
CGMP produit chaque jour 10 millions de serviettes et 2 000 kilomètres de nappes en papier depuis ses ateliers de Tuffé. — Photo : Cédric Menuet - Le Journal des entreprises

À Tuffé, 10 millions de serviettes et 2 000 kilomètres de nappes en papier sont quotidiennement produits dans les trois ateliers de CGMP. De quoi faire le tour de la Terre en 20 jours de production. Depuis 1974, la PME familiale sarthoise s’est en effet imposée dans l’univers de la « création de tables éphémères », comme Céline Bourdin aime à présenter l’activité de son entreprise. « Elle a été créée à Paris par ma mère en 1954. 20 après, CGMP s’installait en Sarthe pour se rapprocher de la papeterie du Bourray. » Aujourd’hui forte de 36 millions d’euros de chiffre d’affaires, la société emploie 150 personnes à Tuffé et fabrique ainsi serviettes, nappes et sets de table blancs, de couleurs, avec ou sans motif.

Petites séries personnalisées

En septembre dernier, CGMP a posé un nouveau jalon dans son développement en investissant 1,2 million d’euros dans une machine d’impression numérique. Un engin de fabrication européenne, dont il n’existe que deux prototypes au monde, qui permet désormais à la PME de proposer des serviettes en papier personnalisées et en petites séries. « Avant, il fallait que l’on fasse un minimum de 20 000 unités. Avec la nouvelle machine, nous sommes en mesure de répondre à des commandes de 50 serviettes », explique Céline Bourdin. Un nouveau service qui s’adresse bien entendu à sa clientèle historique de grossistes mais aussi aux particuliers. « Nous allons vers cette tendance de l’hyper personnalisation, ce qui va nous permettre de capter des microclients. Le numérique reste de toute façon trop cher pour de gros volumes. »

Pas de quoi donc transformer cet investissement en nouveau relais de croissance, bien que son chiffre d’affaires stagne depuis plusieurs années. « Nous fabriquons des produits qui vont sur les terrasses. Nous sommes donc dépendants du temps et du tourisme. Or, les gens sortent moins avec la crise et les attentats. Tout cela à un impact sur nos commandes », pointe la dirigeante. CGMP a su toutefois organiser sa résistance. L’entreprise s’est dotée d’un atelier automatisé en 2014. Une petite « usine du futur » » pour rester dans la course, face à une concurrence essentiellement européenne. « 70% du prix de nos produits est constitué par la matière première, nous restons donc compétitifs face à eux et ne sommes pas impactés par la Chine. » Néanmoins, le Sarthois avance aussi quelques pions à l’international. L’export ne représente certes que 2% de l’activité de la PME, mais celle-ci revendique quelques micromarchés à Dubaï et surtout un premier contrat en Australie. « Ils découvrent la serviette en couleur ! C’était plus une opportunité pour nous d’être sur ce marché », appuie Céline Bourdin. Ce qui n’empêchera pas CGMP d’être présent à Chicago dans quelques semaines pour un salon professionnel. « On y va pour voir ce qui se passe aux États-Unis. On ne s’enferme pas. De toute façon, je n’ai pas qu’un seul plan dans la tête, on verra ! ». Avec elle, les terrasses n'ont pas fini de prendre des couleurs!

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