Mayenne

Réseaux économiques

Le réseau d'accompagnement Initiative Mayenne traite 25 fois plus de dossiers qu'il y a 25 ans

Par Rémi Hagel, le 06 décembre 2022

Le réseau Initiative Mayenne a été créé il y a 25 ans pour soutenir la création et la reprise d’entreprises dans le département. Près de 3 100 personnes ont bénéficié de son soutien. Le réseau conduit désormais une activité soutenue, traitant quelque 160 dossiers par an.

Nathalie Paillard, Carine Fortin et Jean-Marc Fournier pilotent le réseau Initiative en Mayenne et ses 260 bénévoles.
Nathalie Paillard, Carine Fortin et Jean-Marc Fournier pilotent le réseau Initiative en Mayenne et ses 260 bénévoles. — Photo : Rémi Hagel

Le réseau Initiative Mayenne a célébré ses 25 ans fin novembre. Une occasion de mesurer le chemin parcouru pour ce réseau devenu une institution dans le soutien aux entrepreneurs, leur proposant un prêt d’honneur à taux zéro mais également en assurant un suivi personnalisé et du parrainage. À l’origine, chaque communauté de communes du territoire disposait d’un fonds de prêt. Suivant une évolution réglementaire, elles se sont associées aux autres collectivités et partenaires (Région, Département, banques) pour constituer une structure départementale, dotée d’un pot commun. L’action d’Initiative Mayenne se résumait alors à l’octroi de prêts d’honneur. C’était déjà beaucoup : "On n’attendait que ça", se souvient Jean-Marc Fournier, actuel coprésident avec Nathalie Paillard.

Lui-même en a bénéficié lorsqu’il a repris sa société d’image et communication d’entreprises, Prisma Laval, avec un associé il y a quinze ans. La moyenne des montants octroyés est de 10 000 € (de 1 500 à 60 000 € selon les projets). Outre son montant, ce prêt joue un effet de levier auprès des banques. En 25 ans, Initiative Mayenne a accompagné 3 092 entrepreneurs, bénéficiant de plus de 30 millions d’euros de prêts. "Les remboursements des personnes aidées alimentent les prêts des lauréats suivants. Le fonds de prêt a tourné cinq fois depuis la création", explique Carine Fortin, la directrice.

Un taux de pérennité à trois ans de 92 %

L’offre d’accompagnement d’Initiative Mayenne a évolué. Si le prêt "reste la porte d’entrée", l’accompagnement se révèle précieux. Les conseils des pairs ont toujours représenté un élément fort du soutien. Jean-Marc Fournier raconte : "Je ne me souviens plus du montant dont j’ai bénéficié mais plutôt des conseils que j’ai reçus lors des échanges". Le comité d’agrément est constitué de cinq chefs d’entreprises, d’un banquier, d’un assureur, d’un juriste et d’un expert-comptable. "Un lauréat qui suit le parcours de préparation puis d’accompagnement acquiert une plus grande crédibilité auprès des banques", constate Carine Fortin.

Les statistiques parlent : le taux de pérennité des entreprises qui passent par Initiative Mayenne est de 92 % à trois ans (pour une moyenne nationale d’environ 75 %). "Une entreprise accompagnée a beaucoup plus de chances de réussite qu’une entreprise non accompagnée", assure Nathalie Paillard, experte-comptable associée du cabinet Sadeco.

En 25 ans, l’activité du réseau a pris de l’ampleur. De 6 à 7 dossiers par an au début, il est passé à 160 à 170 dossiers annuels. En novembre, on dénombrait plus de 140 projets accompagnés en 2022, permettant le maintien ou la création de 430 emplois. Le profil des jeunes entrepreneurs a évolué. "C’est générationnel. Ils cherchent du sens à leur démarche. Les notions d’écologie, de RSE ne sont plus des options mais font partie du projet", appuie la directrice.

Peut-être l’agriculture ?

Pour mener à bien ses actions, le réseau s’appuie Initiative Mayenne sur plus de 260 bénévoles impliqués dans les comités, les parrainages, les ateliers. La structure emploie 4 salariés (5 à partir de janvier 2023). 70 % des personnes accompagnées en Mayenne sont des artisans-commerçants. Le reste est constitué de PME et de start-up.

Bien que sa formule soit rodée, Initiative Mayenne mène des réflexions pour ajouter des cordes à son arc. L’une des évolutions possibles serait d’accompagner des projets agricoles atypiques, tournés vers la transformation et la commercialisation de produits, qui ne bénéficient pas aujourd’hui des aides classiques. L’autre porterait sur l’accompagnement au financement de projets RSE d’entreprises.

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