Mayenne

Industrie

Du tour de France à la Tour Eiffel, MP3 PLV imprime en grand

Par Didier San Martin, le 20 septembre 2021

Grand comme un terrain de football, le drapeau géant que la PME MP3 PLV a fabriqué pour les Jeux olympiques de 2024 flottera bientôt en haut de la Tour Eiffel. Au-delà de ce défi technique et entrepreneurial, le gain de ce marché illustre le renouveau de cette PME, qui s’appuie sur l’innovation et le développement durable.

Antonio Marques Da Costa aux commandes de sa machine "écolo" mise au point avec Epson.
Antonio Marques Da Costa aux commandes de sa machine "écolo" mise au point avec Epson. — Photo : DR

Un atelier de 8 000 mètres carrés sur un terrain de 13 hectares, 30 employés, un chiffre d’affaires de 6,4 millions d’euros qui a retrouvé les couleurs d’avant-Covid, plus de 120 clients, un carnet de commandes garni… Les vents sont aujourd’hui porteurs pour MP3 PLV, une entreprise mayennaise qui conçoit et fabrique de la publicité sur le lieu de vente (affiches, packaging, présentoirs, etc.) pour Armand Thierry, Jennifer, Leclerc, Hermès ou encore Vuitton.

Pas facile d’imaginer que, voici seulement cinq ans, l’entreprise de Martigné-sur-Mayenne était en redressement judiciaire ! "À l’époque, en 2016, cela faisait 20 ans que je travaillais au bureau d’études de MP3 PLV, j’avais repris en parallèle des études de management et souhaitais quitter l’entreprise. Mais quand j’ai appris qu’elle était à vendre, en quelques heures, j’ai décidé de la reprendre." Antonio Marques Da Costa n’a pas froid aux yeux. Cet ancien lieutenant, fusiller marin de l’armée portugaise, diplômé en génie civil, sait prendre des risques. Et les mesurer. "La société avait de nombreux arriérés, j’ai rencontré les banques et les ai convaincues qu’elles avaient moins à perdre avec moi que sans moi. Aujourd’hui, tout le monde est gagnant", raconte l’actuel PDG. De 70 clients en 2015, MP3 PLV est passée, en quelques mois, à 120.

Tour de France

Pour les conquérir, l’un de ses grands arguments est sa fibre pour le développement durable. "Nous nous sommes associés avec Epson pour créer une machine unique. Nous avons mis au point un système à base d’évaporation des couleurs sur des fibres textiles, nous n’utilisons pas de solvant, nos pigments sont végétaux et notre empreinte carbone est de 30 % inférieure à ce qui se fait habituellement ", explique Antonio Marques Da Costa.

Une initiative qui séduit, à commencer par les élus de la Mayenne. "Le Département m’a sollicité pour le Tour de France 2021. J’ai eu à recouvrir aux couleurs de la Mayenne pas moins de 4 500 barrières de 0,8 m de haut sur 2 m de long, soit 9 km ! Avec un procédé normal nous aurions utilisé 2 tonnes de CO2. Nous en avons consommé moins de 0,4 car notre matière première était constituée de déchets de bouteilles plastiques et qu’ensuite, nos banderoles ont été recyclées ", précise Antonio Marques Da Costa.

Un drapeau géant sur la Tour Eiffel

Son plus bel exploit, incontestablement, est la réalisation, au printemps dernier, d’un drapeau hors norme. "Un ami m’a alerté sur le fait que le comité olympique lançait un appel d’offres, explique-t-il. Il s’agissait de réaliser un drapeau de 5 400 mètres carrés destiné à être hissé à un pylône de 300 mètres de haut. J’ai dit qu’un tel mât n’existait pas et on m’a répondu de ne pas m’inquiéter. Cela dit, fabriquer un drapeau de 90 x 60 mètres avec un tissu habituel aurait pesé jusqu’à 1,5 tonne ! Impensable. Alors je me suis rapproché d’une société du Morbihan, Air et Toiles Concept (ATC), spécialiste de structures gonflables et de toiles tendues. On a inventé un procédé, notamment à base d’hélium, qui nous a permis de diviser le poids du drapeau par cinq ! Et nous avons décroché le contrat. Nous avons consacré 300 heures en recherche et en tests… seulement 60 pour la fabrication du drapeau ! C’est seulement à la fin que j’ai appris quel serait le mât de destination. J’en ai été particulièrement ému : il s’agissait de la Tour Eiffel ! ".

Des essais ont été réalisés et ont permis de vérifier que le projet était viable. Il ne reste donc plus qu’à attendre 2024 pour que le drapeau arbore les couleurs des JO sur le plus emblématique des mâts de France…

Nombreuses distinctions

Les exploits de l’entreprise se retrouvent aussi dans d’autres domaines puisqu’en 2017, elle est devenue lauréate du trophée RH Management de La Mayenne Innove. " J’ai mis l’humain au cœur de l’entreprise en retirant toutes les strates type N + 1. Je suis au centre, je donne l’énergie et autour, ce sont mes collaborateurs qui tournent et brillent ", analyse Antonio Marques da Costa. En 2018, elle reçoit les Popaï Awards (sorte d’Oscars du monde de la PLV) pour la scénarisation des vêtements Bonobo (groupe Beaumanoir). " À terme, je souhaite que l’entreprise devienne en France la référence de la qualité en PLV et qu’elle atteigne 8 millions de chiffre d’affaires, continue le PDG. Mais attention, pas plus ! Il faut savoir garder l’équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie familiale ".

Antonio Marques Da Costa aux commandes de sa machine "écolo" mise au point avec Epson.
Antonio Marques Da Costa aux commandes de sa machine "écolo" mise au point avec Epson. — Photo : DR

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