Auvergne-Rhône-Alpes

Commerce

"Gilets jaunes" : le cri d'alarme des commerçants rhônalpins

Par Audrey Henrion, le 05 décembre 2018

La Chambre de Commerce et d'Industrie de Lyon Saint-Etienne Roanne reçoit de plus en plus d'appels de dirigeants d'entreprise, souvent des commerçants, fortement pénalisés par le mouvement des "Gilets jaunes".

Conséquence du mouvement des gilets jaunes, «  de nombreux commerces sont au bord de la cessation de paiement » signale la chambre consulaire.
Conséquence du mouvement des gilets jaunes, « de nombreux commerces sont au bord de la cessation de paiement » signale la chambre consulaire. — Photo : DR

La CCI Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne (120 000 entreprises environ dans la Loire et le Rhône) alerte sur la situation des entreprises situées à proximité des barrages routiers érigés par les "Gilets jaunes" dans la région. « De nombreux commerces sont au bord de la cessation de paiement », signale la chambre consulaire. Les dirigeants, souvent des commerçants, lui font part de chiffre d’affaires en chute libre. Mais aussi de problèmes d'approvisionnement, d'arrêt des activités de production et de distribution entravées par des retards ou des annulations dans les livraisons de matières premières et de produits semi-finis.

La CCI Lyon Saint-Etienne Roanne, présidée par Emmanuel Imberton, encourage les entreprises à déclencher le dispositif "Activité partielle" qui permet de garantir l’indemnisation des heures non travaillées des salariés. Le gouvernement a récemment mis en place plusieurs mesures pour aider les entreprises impactées par la mobilisation sociale.

Cas concrets

Dans la Loire, les antennes locales de la CCI recensent des difficultés signalées directement par les dirigeants. Ainsi, à Saint-Etienne, rue du 11-Novembre, plusieurs dizaines de pilleurs ont forcé la grille du Casino Shop situé le long de la ligne de tram, au niveau de l'arrêt de Tréfilerie. Le Crédit agricole voisin a également vu ses vitrines et portes fracassées. Un magasin Adidas a aussi fait l'objet d'un pillage.

A Firminy, le supermarché E.Leclerc a été contraint de fermer le 1er décembre, alors que l’entrée de l’enseigne avait été bloquée par des chariots auxquels les manifestants avaient mis le feu. Quant à Vincent Loiseau, dirigeant du magasin Jardiland à Mably (Loire), il signale à la CCI s'être fait « agresser physiquement par des Gilets jaunes ». Avec le blocage des deux ronds-points menant à la ZAC de Péreux, Pascal Manigand, gérant de Cash One, s’est fait connaître de la CCI pour clamer son inquiétude. Le centre commercial Centre-Deux a été pris pour cible par des manifestants.

Dans le Rhône, du côté de Villefranche-sur-Saône, l‘enseigne Intermarché dans le quartier de Béligny a subi des dommages « très importants » au début du mouvement. Thomas Waechter, son directeur, estime à 70 000 euros le montant des dégâts, notamment au niveau de sa station-service. Il évalue la perte de chiffre d’affaires à 120 000 euros.

Conséquence du mouvement des gilets jaunes, «  de nombreux commerces sont au bord de la cessation de paiement » signale la chambre consulaire.
Conséquence du mouvement des gilets jaunes, « de nombreux commerces sont au bord de la cessation de paiement » signale la chambre consulaire. — Photo : DR