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My Moony veut soulager les douleurs menstruelles avec une ceinture connectée

Par Jean-François Michel, le 27 juin 2022

La créatrice de My Moony, Asma Hassoune, porte le développement d’une ceinture chauffante et massante, conçue pour soulager les douleurs de règles. La dirigeante messine a déjà franchi le stade de l’industrialisation et veut accélérer sur les volumes pour répondre à la demande.

La ceinture connectée chauffante et massante pour soulager les douleurs liées aux règles développée par Asma Hassoune a déjà été vende à 350 exemplaires.
La ceinture connectée chauffante et massante pour soulager les douleurs liées aux règles développée par Asma Hassoune a déjà été vende à 350 exemplaires. — Photo : Jean-François Michel

La créatrice

Âgée de 28 ans, titulaire d’une licence en ingénierie de la santé et d'un master en management des entreprises de la cosmétique, Asma Hassoune a vécu une partie de son adolescence en Syrie. L’idée de trouver une solution pour soulager les douleurs des règles vient de sa propre expérience. En 2019, Asma Hassoune bénéficie du statut d’étudiant entrepreneur et accumule prix et autres trophées soulignant la pertinence de son idée : une ceinture connectée conjuguant un système de chauffage et de massage pour soulager les douleurs menstruelles, reliée par Bluetooth à un smartphone.

Asma Hassoune a trouvé en Angleterre un laboratoire spécialisé dans les textiles connectés qui a accepté de suivre le cahier des charges : un produit fin, discret, autonome et capable de chauffer à de fortes températures. Incubée à The Pool, dans les locaux de Blida à Metz, la société My Moony est créée en mars 2020, avec 30 000 euros de capital, dès que le premier prototype s’est révélé opérationnel.

Le projet

Entre les bourses accordées par la Région Grand Est et la French Tech, Asma Hassoune a rassemblé 55 000 euros de subventions et bénéficie d’un prêt d’amorçage de 100 000 euros, accordé par Bpifrance. Plus de 250 000 euros ont été investis en R & D pour aboutir à une ceinture capable de chauffer jusqu’à 57°C et dont le positionnement a été déterminé par IRM : "Nous sommes sûrs à 100 % de couvrir la zone de l’utérus et des ovaires chez quasiment 99 % de la population", affirme Omar Bakour, radiologue, associé et chargé de l’aspect scientifique du développement de My Moony.

La deuxième version de la ceinture, testée sur une cinquantaine de femmes, a permis de montrer que les douleurs menstruelles ont diminué chez 93 % des utilisatrices. "En moyenne, la douleur ressentie diminue de 77 %", souligne Omar Bakour. La commercialisation, lancée sur un site internet en juin 2021, a déjà permis de vendre 350 ceintures. "Sur le premier exercice, nous avons réalisé 25 000 euros de chiffre d’affaires. Nous devrions rapidement atteindre près de 100 000 euros", estime Asma Hassoune.

Les perspectives

Deux mois après le début de la commercialisation, Asma Hassoune a été contrainte de cesser les ventes, faute de pièce. Parmi la cinquantaine de composants électroniques qui rentrent dans la fabrication de la ceinture, certains ont vu leur tarif multiplié par dix. Le prix de vente initial, de 145 euros, a été réajusté à 165 euros pour absorber ces hausses. "La pénurie devait s’arrêter début 2022, relate Asma Hassoune. Mais aux dernières nouvelles, elle durera toute l’année 2023 et le retour à la normale ne se fera pas avant 2024."

En complément du site web de l’entreprise, la ceinture sera disponible sur certaines grandes plateformes de distribution, à condition que la production puisse être garantie en volume. En parallèle, Asma Hassoune cherche un directeur général associé, capable de négocier avec les fabricants asiatiques de composants électroniques, pour l’épauler sur les orientations stratégiques de l’entreprise. "Nous venons d’embaucher une personne chargée du marketing et de l’animation des réseaux sociaux", précise Asma Hassoune, qui entretient une relation forte avec la communauté des utilisatrices de sa ceinture. Des échanges qui lui donnent envie de développer d’autres produits.

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