Grand Est

Gestion

Tribune Mobilisation générale pour les délais d'encaissement

Par Franck Wendling, directeur des centres d'affaires Alsace à la Caisse d'Épargne Grand Est Europe  , le 09 novembre 2021

Les délais de paiement contractuels d’une entreprise par ses débiteurs ont un impact sur sa santé financière. Leur non-respect met en péril sa trésorerie et peut provoquer sa défaillance. Un risque qui pèse notamment sur les PME fournisseuses de grands groupes.

Franck Wendling, directeur des centres d’affaires Alsace à la Caisse d’Épargne Grand Est Europe
Franck Wendling, directeur des centres d’affaires Alsace à la Caisse d’Épargne Grand Est Europe — Photo : Olivier Toussaint - CEGEE

La situation économique sans précédent que connaissent les entreprises depuis dix-huit mois faisait craindre un allongement problématique des délais de paiement. Pour l’heure il n’en est rien. Il faut dire que depuis la loi de modernisation de l’économie de 2008, un effort a été fait pour réduire progressivement les délais d’encaissement.

À fin 2020, l’Observatoire des délais de paiement notait ainsi un retard de règlement des factures par les entreprises d’en moyenne 1,7 jour de plus qu’à la fin de 2019, pour arriver à un total de 12 à 13 jours. Ces retards représentent quand même globalement une somme de 600 milliards d’euros de crédits interentreprises, dont 19 milliards restent bloqués dans les caisses des grandes entreprises clientes au lieu d’alimenter celles des PME/TPE fournisseurs.

Des délais préjudiciables pour les PME et les ETI

De fait, les retards de paiement pénalisent essentiellement les PME et les ETI en les privant de 208 milliards d’euros de trésorerie à fin 2020. Pour y remédier, le gouvernement vient de mettre en place des mesures permettant de dégrader la note de santé financière FIBEN des grands groupes qui tardent à régler leurs fournisseurs.

Les PME et les ETI doivent donc prendre en compte les impacts des délais de paiement sur leur trésorerie et se prémunir contre d’éventuels retards. Elles peuvent d’abord s’enquérir de la qualité financière de leur client auprès de différents organismes d’informations financières. Elles doivent ensuite s’assurer de disposer rapidement de la trésorerie générée par la transaction commerciale grâce à des dispositifs déployés par les banques qui vont permettre de mobiliser une facture et de générer rapidement du cash. L’affacturage, qui introduit un tiers - un établissement de crédit spécialisé appelé le "facteur" - dans la transaction, permet à l’entreprise créancière d’obtenir une avance sur le règlement de la facture. Le facteur s’occupe ensuite de récupérer la créance auprès du débiteur.

La cession de créances Dailly est une autre option pour assurer le paiement des factures. Ce mécanisme permet à une entreprise d’obtenir un crédit bancaire qui financera son poste clients composé de l’ensemble des factures émises par la société et des encours enregistrés dans sa comptabilité. Enfin, différentes assurances permettent d’assurer le poste clients.

Reste que ces solutions ne font que pallier un mal économique bien français quand on sait que, chez nos voisins européens, les délais de paiement dépassent rarement sept jours aux Pays Bas et quatre jours en Allemagne !

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