Meurthe-et-Moselle

Agroalimentaire

Comment les Salaisons Bentz ont réussi à vendre un jambon truffé à Hong Kong

Par Jean-François Michel, le 22 novembre 2018

En pariant sur la qualité et en osant sortir de sa zone de confort, le dirigeant des Salaisons Bentz, Jean-François Antoine, développe sa société basée à Jarville, en Meurthe-et-Moselle, sur deux piliers : l’innovation et l’export.

Atelier de découpe de viande de porc des Salaisons Bentz, près de Nancy
Pour aller vendre ses produits en Asie du Sud-Est ou encore Amérique Latine, Jean-François Antoine, dirigeant des Salaisons Bentz, près de Nancy, a su utiliser son réseau. — Photo : © Jean-François Michel

Hong Kong, Macao, Singapour, la Thaïlande, la Colombie ou encore le Chili… Une liste qui ne correspond pas aux destinations de vacances de Jean-François Antoine, le dirigeant des Salaisons Bentz, mais aux pays où sa société compte des clients : « Et j’ai des demandes pour le Japon ». Des succès commerciaux qui font la fierté de l’équipe d'une quinzaine de personnes basée à Jarville (Meurthe-et-Moselle), mais qui laissent Jean-François Antoine sur sa faim : « L’export ne pèse encore que 5 % » dans l’activité des Salaisons Bentz, qui a bouclé le dernier exercice avec un chiffre d'affaires de 2,15 millions d’euros, en croissance de 10 % par an depuis 2015.

Des étudiants pour penser la montée en gamme

Lancée en 2011 avec l’appui des services de la CCI, la démarche export permet non seulement de remplir un peu le carnet de commandes, mais génère surtout un « double effet : de l’image à l’extérieur et de la fierté à l’intérieur », précise Jean-François Antoine. Un double effet encore renforcé par le développement d’une innovation qui a su convaincre jusqu’à Hong Kong : un jambon truffé de 500 grammes, présenté dans un coffret cadeau en bois. « C’est un produit festif, typique de la fin d’année, que j’ai commencé à imaginer en 2012 », précise le dirigeant des Salaisons Bentz. Un rencontre avec un trufficulteur meusien donne envie à Jean-François Antoine d’intégrer ce produit de luxe à un jambon. Les premiers essais ne sont pas concluants, le goût de la truffe s’altérant à la cuisson. Tenace, le dirigeant n’abandonne pas et reste fidèle à sa méthode : utiliser son réseau et poser les bonnes questions.

En 2013, dans le cadre de l’Agria Grand Est, il travaille avec l’ICN Business School, à Nancy, pour étudier une possible montée en gamme de ses produits. En 2017, une collaboration avec des étudiants de l’IUT Charlemagne permet de confirmer qu’il est possible de viser plus haut : « Tout ce travail nous a permis d’aboutir au coffret cadeau. Tout seul, je n’aurais pas eu l’idée. ». C’est donc une noix de jambon de 500 grammes qui sera cuisinée avec 15 grammes de truffe noire du Périgord, à 300 € le kilo. Vendu à 25 € pièce, ce jambon a déjà intégré les catalogues de la grande distribution pour les fêtes et a convaincu des clients à Hong Kong. « C’est un petit volume pour nous, mais c’est un projet important », souligne Jean-François Antoine, qui a prévu de fabriquer une tonne de ce jambon truffé.

La recherche de la qualité

Récompensé par le prix « consommateur » au concours de l’innovation alimentaire du Grand Est Inoval 2018, le jambon truffé a aussi été sélectionné dans le cadre du dernier Salon international de l’alimentation. « C'est une manière de faire reconnaître l'ensemble du travail mené en interne », souligne le dirigeant, dont l’entreprise vient d’être certifiée FSC 22000, une norme internationale conçue pour renforcer la sécurité dans le secteur agroalimentaire. « Fondamentalement, la certification ne change rien, estime le dirigeant des Salaisons Bentz. Je n’ai jamais demandé de faire de la productivité, j’étais certain que les gains viendraient avec l’exigence de qualité ».

Atelier de découpe de viande de porc des Salaisons Bentz, près de Nancy
Pour aller vendre ses produits en Asie du Sud-Est ou encore Amérique Latine, Jean-François Antoine, dirigeant des Salaisons Bentz, près de Nancy, a su utiliser son réseau. — Photo : © Jean-François Michel