Moselle

Biotech

Afyren lance la construction d'une bioraffinerie sur la plateforme de Carling-Saint-Avold

Par Philippe Bohlinger, le 10 décembre 2020

La biotech clermontoise Afyren annonce le démarrage du chantier de construction de sa bioraffinerie sur la plateforme pétrochimique de Carling-Saint-Avold, en Moselle. L’investissement d'un peu plus de 60 millions d’euros, porté dans le cadre d’une coentreprise avec le fonds SPI de Bpifrance, devrait générer 60 emplois à l’horizon 2022.

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La biotech Afyren a choisi la plateforme de Carling-Saint-Avold pour la proximité de la matière première agricole, mais également pour l’accueil réservé par l’association des industriels déjà présents. — Photo : © Afyren

La chimie lorraine franchit une nouvelle étape dans sa transition écologique. Le 10 décembre, la société de biotechnologie Afyren a annoncé le démarrage du chantier de sa bioraffinerie sur la plateforme pétrochimique Chemesis de Carling-Saint-Avold, en Moselle. Cette concrétisation d’un premier projet industriel pour la start-up de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) vient couronner huit ans de recherche et développement.

« C’est une belle illustration de la mutation d’une industrie qui se doit de trouver des solutions pour diminuer son empreinte environnementale, commente Nicolas Sordet, président d’Afyren (23 personnes), Notre première usine est à la fois zéro déchet et bas carbone. »

Mise en service début 2022

Nicolas Sordet, président d’Afyren.
Nicolas Sordet, président d’Afyren. - Photo : © Afyren

L’entreprise est parvenue à boucler un financement de 80 millions d’euros en vue de se doter d’une unité capable de synthétiser sept acides organiques à partir des résidus de l’industrie betteravière, très présente dans la région Grand Est. Ces molécules biosourcées, non OGM, ont vocation à se substituer à leurs homologues pétrosourcées dans l’industrie agroalimentaire, l’alimentation animale, la cosmétique, les parfums et la chimie fine.

À sa mise en service début 2022, le site devrait compter 60 emplois directs. Il produira 16 000 tonnes par an sur un marché mondial estimé à plus de 10 milliards d’euros, selon Afyren.

Un financement des collectivités territoriales

Plusieurs bonnes fées se sont penchées sur le berceau de la jeune pousse. À commencer par le fonds d’investissement SPI (Sociétés de projets industriels) financé par le Programme d’investissement d’avenir (PIA) et géré par la banque publique Bpifrance. Le fonds s’est engagé aux côtés de la biotech en prenant 49 % du capital de la filiale Afyren Neoxy qui porte le projet.

De son côté, le pôle de compétitivité industries et agro-ressources (IAR), à cheval sur les régions Grand Est et Hauts-de-France, a permis l’obtention d’un financement européen de 20 millions d’euros dans le cadre du consortium public privé « Bio-based industry ». Afyren a également bénéficié de financements des collectivités territoriales (Région Grand Est, Communauté d’agglomération Saint-Avold Synergie) et de l’assistance opérationnelle du groupe Total, acteur « historique » de la plateforme de Carling-Saint-Avold.

« Générer un réel impact sur des marchés à forte croissance »

Pour Afyren, cette bioraffinerie constitue le premier jalon de sa stratégie industrielle. « Notre objectif est de développer ce modèle de bioraffinerie unique afin de mettre à disposition de nos clients et des consommateurs un plus grand volume de solutions biosourcées et de générer un réel impact sur des marchés à forte croissance », poursuit Nicolas Sordet, dont l’entreprise bénéficie du label du gouvernement FT120, dédié aux start-up en phase d'hypercroissance.

Reconversion industrielle réussie

A sa mise en service début 2022, le site industriel produira 16.000 tonnes par an d’acides organiques à partir des résidus de l’industrie betteravière.
A sa mise en service début 2022, le site industriel produira 16.000 tonnes par an d’acides organiques à partir des résidus de l’industrie betteravière. - Photo : © Afyren

Le choix de Carling-Saint-Avold (1200 emplois directs et 3500 emplois induits) est lié à la proximité de la matière première agricole, mais également à l’accueil de l’association des industriels de la plateforme Chemesis (Total, Arkema, SNF, etc.), indique la biotech.

L’avènement de la chimie verte à Carling-Saint-Avold constitue également un symbole d’une reconversion industrielle réussie. Le site, créé en 1947 en vue d’exploiter la chimie du charbon (carbochimie), puis réorienté dans les années 60 vers la chimie du pétrole (pétrochimie), a pris ces dernières années un virage vers la biochimie. Ce virage a été entamé en 2018 avec le projet d’une autre biotech clermontoise, Metex, qui produira ses premières molécules biosourcées au premier trimestre 2021. En septembre 2020, une autre start-up, l’australien Circa, a également fait part de son projet d’investir dans une bioraffinerie sur la plateforme.

Depuis la création de la plateforme Chemesis en 2017 et l’obtention du statut plateforme économique à côté de seize autres sites chimiques en France, 125 millions d’euros ont été investis sur la plateforme mosellane et 143 créations d’emplois sont programmées.

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