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Ocode diversifie ses marchés tous azimuts

Par Caroline Scribe, le 12 octobre 2023

Vélos, planches de surf, selles d’équitation, meubles, bijoux, biens des festivaliers du Hellfest…, la start-up vendéo-nantaise Ocode déploie tous azimuts sa technologie de marquage numérique. Objectif : devenir un leader de l’identification et de la traçabilité des objets en Europe et faire du volume pour devenir rentable.

Jean-Baptiste Pondevy, Dominique Chabot, Alice Calvez et Vincent Roux ont fondé la société Ocode, installée à La Roche-sur-Yon et Nantes.
Jean-Baptiste Pondevy, Dominique Chabot, Alice Calvez et Vincent Roux ont fondé la société Ocode, installée à La Roche-sur-Yon et Nantes. — Photo : Ocode

5 000 festivaliers de l’édition 2023 du Hellfest ont pu télécharger gratuitement l’application Ocode et marquer 15 000 téléphones portables, portefeuilles et autres sacs. Cette expérience marque un retour aux sources pour la start-up Ocode (35 salariés, CA non communiqué), créée en 2016 qui a également ouvert une boutique en ligne à l’attention des particuliers. "La genèse de Ocode, c’est une clé que j’avais trouvée et que j’aurais voulu rendre à ses propriétaires, d’où l’idée d’une solution permettant à des personnes de communiquer entre elles sans échanger de données personnelles", expose Jean-Baptiste Pondevy, cofondateur avec Alice Calvez, Dominique Chabot et Vincent Roux. C’est pourtant vers les marchés B to B que s’est tournée l’entreprise basée à La Roche-sur-Yon (siège social) et Nantes pour déployer sa technologie : un certificat numérique, qui sous la forme d’un NFT rattaché à une blockchain privée, permet d’identifier un objet et d’en assurer la traçabilité sur tout son cycle de vie, de façon anonyme et infalsifiable.

Du vélo au luxe

En effet, surfant sur l’obligation de marquer les vélos neufs et d’occasion, Ocode s’est d’abord développé sur le marché du cycle, via un contrat pluriannuel conclu en 2021 avec l’État dans le cadre du plan vélo. Ce contrat s’est prolongé par le gain de marchés auprès de grands comptes du secteur comme Décathlon, MFC, Moustache… "Nous commercialisons 15 à 20 millions d’ocodes par an sur le marché du cycle. Plus généralement, nous ciblons l’univers du sport avec comme clé d’entrée la traçabilité et l’histoire du produit, ainsi que l’expérience client, car les ocodes sont aussi des outils marketing", insiste Jean-Baptiste Pondevy. Le groupe Voltaire, numéro deux mondial de la sellerie ou le fabricant vendéen de planches de surf écoresponsables Squid Surfboards ont ainsi adopté la technologie.

Poinçon numérique

Plus récemment, l’entreprise, qui compte le groupe Dubreuil à son capital, a commencé à explorer les marchés du mobilier design, du luxe et de la joaillerie. "Notre solution permet d’apporter un certificat d’authenticité dématérialisé pour lutter contre la contrefaçon, tout en partageant des informations et des savoir-faire sur le produit, y compris sous la forme de vidéos", explique le dirigeant. L’entreprise a signé avec l’Atelier Lavoisier à Paris qui crée et transforme des bijoux ou encore avec la marque de mobilier haut de gamme et responsable NOMA Éditions. Depuis peu, Ocode démarche également les maisons d’horlogerie et les marques de luxe, avec un nouvel atout dans sa manche. La PME vendéenne s’est, en effet, alliée à Phasis, une entreprise suisse spécialisée dans les nanotechnologies, pour développer un poinçon numérique microscopique, déposé à l’INPI en août dernier. Cette technologie trouve des applications dans le marquage d’objets à haute valeur ajoutée, comme montres et bijoux, mais également le matériel médical. "Notre stratégie de développement associe désormais le B to B pour faire du volume, chaque code coûtant de quelques centimes à quelques euros, et le B to C pour faire connaître notre technologie", conclut Jean-Baptiste Pondevy. L’enjeu est important pour Ocode qui revendique une croissance annuelle de 30 %, mais n’est pas encore rentable.

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