Loire-Atlantique

Artisanat

Les harpes Camac s'agrandissent et modernisent leur outil de fabrication

Par Cyril Raineau, le 24 septembre 2021

Unique manufacture française de harpes classiques et l’une des quatre seules au monde, Camac, en Loire-Atlantique, érigera un nouveau bâtiment à même de répondre à ses exigences de qualité dans la fabrication des instruments. La PME investit 4 millions d’euros dans ce site et les équipements modernes qu’il abritera.

Jakez François, président des harpes Camac : "Étant à saturation en termes d’espace, nous transférerons toute notre activité de fabrication dans notre nouveau bâtiment."
Jakez François, président des harpes Camac : "Étant à saturation en termes d’espace, nous transférerons toute notre activité de fabrication dans notre nouveau bâtiment." — Photo : Cyril Raineau

Ce n’est, pour l’instant qu’un champ parmi d’autres dans la campagne de Mouzeil, petit village au nord d’Ancenis, en Loire-Atlantique. Ici, s’érigera durant l’année 2022 le nouvel atelier des harpes Camac. "À quinze mètres de notre site actuel", glisse Jakez François, le président de la PME de 48 salariés, en désignant le terrain visible depuis la fenêtre de son bureau. L’unique fabricant de harpe classique en France qui se partage le marché mondial avec trois autres facteurs (c’est le nom donné aux fabricants de l’instrument) d’Italie, des États-Unis et du Japon, investit quatre millions d’euros. Une somme destinée à la construction du futur site de 3 000 m2 et à l’achat d’équipements modernes. L’État, dans le cadre du plan de relance, subventionne l’investissement à hauteur de 600 000 euros. Les harpes Camac seront dans leurs nouveaux murs début 2023.

Un problème d’espaces

À l’origine du projet, les cabines de vernis. Utilisées depuis plus de 20 ans, elles sont devenues obsolètes et ne répondent plus aux normes. "Pour nous équiper de cabines modernes, nous étions limités sur notre site actuel en termes d’espaces. Nous avons donc d’abord songé à une extension. Mais cette problématique sur le vernis se posait aussi pour la manufacture dans son ensemble, d’où le projet de transfert de toute notre unité de fabrication dans un nouveau bâtiment."

Les harpes Camac occupent, depuis leur création voici bientôt 50 ans, le même bâtiment. Il deviendra un lieu de stockage et d’accueil de tout ce qui n’est pas fabrication (assemblage, cordage, réglage…). "La plupart des machines ont aussi fait leur temps, et nous sommes à saturation de nos capacités de production, nos ateliers sont trop petits pour des instruments de 2 mètres de haut". Un problème d’autant plus aigu que "depuis 35 ans que je suis au sein de l’entreprise, je constate l’augmentation du nombre de demandes de harpes", observe Jakez François.

Si 2020, année Covid, a vu le chiffre d’affaires dévisser de 8 % par rapport à celui de 2019 qui se situait à 8,5 millions d’euros, il est déjà à cette hauteur à fin septembre 2021. 60 % de l’activité se fait à l’international, la PME étant absente seulement en Afrique (la harpe y est peu pratiquée) et Amérique du Sud (pour des questions de tarifs douaniers).

Outre l’amélioration des conditions de travail pour les salariés et la modernisation des cabines de vernis, le nouveau site est un prélude à la future augmentation de la production qui devrait s’accompagner de la création de six postes. Enfin, les performances environnementales seront améliorées avec la création d’un système de récupération de chaleur ou la réduction des solvants en passant au vernis à l’eau.

"De la forêt à la salle de concert"

Chaque année, la manufacture fabrique environ 2 000 harpes celtiques. De forme triangulaire et aux cordes parallèles, c’est la harpe la plus ancienne et la plus accessible, avec un prix moyen se situant autour de 2 500 euros. "Nous menons aussi une politique de mise en location pour faciliter leur accès en France et sur quelques pays où nous sommes implantés en direct avec nos magasins et filiales".

Le facteur est aussi spécialiste de la harpe classique, plus imposante, avec ses pédales et sa mécanique complexe. 300 instruments sortent de chez Camac chaque année. La PME conçoit et fabrique de A à Z l’instrument : sélection et travail du bois, création des mécaniques, assemblage… Ce que résume son président par une formule : "Notre activité va de la forêt à la salle de concert."

Jakez François, président des harpes Camac : "Étant à saturation en termes d’espace, nous transférerons toute notre activité de fabrication dans notre nouveau bâtiment."
Jakez François, président des harpes Camac : "Étant à saturation en termes d’espace, nous transférerons toute notre activité de fabrication dans notre nouveau bâtiment." — Photo : Cyril Raineau

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