La Roche-sur-Yon

Communication et médias

Le groupe vendéen Cocktail Vision construit une usine 4.0 pour relocaliser sa production

Par Cyril Raineau, le 28 avril 2021

Plutôt que de dépendre de l’Asie pour des composants de ses écrans numériques dont il est le spécialiste, Cocktail Vision va créer sa propre ligne de production. Laquelle portera la croissance du groupe de la Roche-sur-Yon dont le président ambitionne de franchir les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires dans les deux ans.

Stéphane Frimaudeau, ici devant un écran de sa société Coctkail Vision affichant le futur site du groupe à la Roche-sur-Yon.
Stéphane Frimaudeau, ici devant un écran de sa société Coctkail Vision affichant le futur site du groupe à la Roche-sur-Yon. — Photo : Cyril Raineau-JDE

Ouverture d’une usine 4.0, déménagement du siège social actuellement situé dans le centre de la Roche-sur-Yon et finalisation d’un important contrat avec Nantes Métropole : "Les dossiers se bousculent en ce moment", remarque Stéphane Frimaudeau, président de Cocktail Vision, groupe vendéen spécialisé dans l’affichage numérique grand format. Ce vent porteur se traduit par de nouvelles ambitions. Alors que le chiffre d’affaires s’élevait à 6,6 millions d’euros en 2020, "nous souhaitons d’ici deux ans franchir la barre des 10 millions d’euros", révèle-t-il. Avec la volonté de mettre en avant "le made in France, qui nous permettra de gagner de nouveaux marchés."

Relocaliser la production

L’usine 4.0 qui s’étendra sur 1 000 m², devrait être opérationnelle début 2022 en périphérie de la Roche-sur-Yon. Grâce à ce projet, Cocktail Vision dont l’activité va de la conception d’écran à leur fabrication jusqu’à leur distribution et gestion, va mettre en musique ce "made in Vendée". Jusqu’à présent, l’électronique, plus précisément les modules led (pour schématiser les dalles qui, assemblées, composent l’écran), proviennent d’Asie. "Le Covid a montré les limites de ce modèle ", expose Stéphane Frimaudeau. Tant en termes de dépendance en approvisionnement que sur le plan environnemental au regard du transport. Par l’entremise de sa future ligne de production, Cocktail Vision souhaite "devenir le référent en France pour fabriquer ces modules led, qui comprennent notamment les cartes électroniques." D’autres entreprises, "même des concurrents", auraient ainsi l’opportunité de s’approvisionner auprès du groupe vendéen. "Il sera également possible de procéder à des réparations dans une optique de démarche RSE", note le dirigeant. Entre les machines et le bâtiment, le projet, lauréat du plan de relance gouvernemental, nécessite 1,8 million d’euros d’investissement.

Des échanges avec Michelin pour créer l’usine

Pour l’aider à monter cette usine 4.0, Michelin, qui a fermé l’an passé son site de la Roche-sur-Yon, a conseillé, fort de son expérience, Cocktail Vision. Il n’est pas exclu que le recrutement concerne des ex-salariés du géant du pneumatique, 5 collaborateurs étant amenés à travailler sur cette future ligne de production.

D’ici 2025, grâce à cette usine, "nous nous fixons comme objectif d’avoir des écrans à leds totalement autonomes grâce à l’énergie solaire". Cocktail Vision est sur ce dossier en lien avec la société Volten Flex du groupe vendéen Dubreuil (2,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 4 800 salariés) développant des panneaux photovoltaïques souples. Cette démarche répond aux critiques des défenseurs de l’environnement dénonçant la nocivité de l’affichage numérique.

Ce futur site verra le jour quelques mois après le déménagement de Cocktail Vision programmé cette année. L’ensemble des 45 salariés du groupe répartis en cinq lieux sera réuni sur un seul, au château du Plessis, propriété de la Ville de la Roche-sur-Yon. Ce transfert s’accompagne de la création "physique" du Cocktail Campus. Il s’agit d’une offre de formation allant jusqu’à bac + 5, en partenariat avec l’École supérieure d’arts appliqués et de design d’Angers (EEGP), dédiée aux arts design. 17 élèves ont intégré le cursus en octobre. À terme, 40 jeunes seront formés sur le nouveau site du groupe "avec un plateau technique ultramoderne comprenant hologramme à taille humaine, écran sous toute leur forme…".

Deux écrans géants au stade de la Beaujoire à Nantes

Les écrans de Cocktail Vision, qu’ils soient destinés à de l’information municipale, de stations de sport d’hiver, de salles de spectacle ou implantés sur l’espace public ou privé pour diffuser de la publicité, se retrouvent autant dans le grand ouest que sur toute la France. Et bientôt au stade de la Beaujoire à Nantes. "Nous avons remporté le marché auprès de Nantes Métropole pour remplacer les deux actuels en prévision de la Coupe du monde de rugby", expose Stéphane Frimaudeau. Ces deux écrans géants de 48 m² sont en cours de construction pour être installés dans le courant de l’été, disponibles pour la prochaine saison du FC Nantes. "La Beaujoire est une excellente vitrine pour nous, se félicite le président, et montre tout le chemin parcouru par nos équipes". Cocktail Vision a été créé en 1995 sous le nom de Cocktail Régie, initialement une régie commerciale de fréquences radios vendéennes avant l’installation des premiers panneaux d’affichages numériques en 2005.

Stéphane Frimaudeau, ici devant un écran de sa société Coctkail Vision affichant le futur site du groupe à la Roche-sur-Yon.
Stéphane Frimaudeau, ici devant un écran de sa société Coctkail Vision affichant le futur site du groupe à la Roche-sur-Yon. — Photo : Cyril Raineau-JDE

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