Vendée

Textile

La manufacture de tricotage la Sedem souffre toujours des conséquences de la crise du Covid

Par Cyril Raineau, le 20 septembre 2021

La Sedem, PME familiale du textile, est encore très dépendante des soubresauts de la crise du Covid. La manufacture de tricotage de Falleron, en Vendée, investit malgré tout et cherche des voies de diversification.

Gaëtan Maillet, PDG de la Sedem : "Pour chaque collection, ce sont 150 000 euros investis".
Gaëtan Maillet, PDG de la Sedem : "Pour chaque collection, ce sont 150 000 euros investis". — Photo : Cyril Raineau

Inexorablement, le chiffre d’affaires dévisse : 4,2 millions d’euros à la clôture de l’exercice en juin 2020, puis 3,2 millions un an plus tard, et vraisemblablement 2,5 millions au 30 juin 2022. L’entreprise de textile la Sedem (Société des établissements Maillet), basée à Falleron en Vendée, subit durement les contrecoups de la crise sanitaire. Le choc n’est toujours pas complètement encaissé. Et son PDG Gaëtan Maillet, représentant la quatrième génération de l’entreprise familiale, ignore quand l’horizon se dégagera.

La PME de 41 collaborateurs crée des collections pour les femmes de plus de 50 ans. Que ce soit pour les marques Telmail ou Olivier Philips, quel que soit le vêtement (pantalon, pull, chemisier…), ce spécialiste de la confection et du tricotage de prêt-à-porter maille vend ses produits au travers de détaillants multimarques. Ils se situent sur tout le territoire français comme à l’étranger (Pays Bas, Belgique, Angleterre, Japon et Taïwan). Avant la crise et le Brexit, l’export représentait de 25 à 30 % de l’activité. "Nous sommes descendus autour de 15 %", constate amèrement le PDG.

"Le textile est une filière longue"

À l’étranger comme en France, la fermeture administrative des boutiques suite aux confinements a signé l’arrêt des ventes pour la Sedem. Certes, la manufacture vendéenne a été l’une des dix premières entreprises françaises à avoir été validée par les pouvoirs publics pour fabriquer des masques dès mars 2020, permettant de limiter la casse. Mais depuis, ses clients restent prudents. "Le textile-habillement est une filière longue, remarque Gaëtan Maillet, entre obtenir la manière première, concevoir, fabriquer, puis la vente, il se passe du temps. Ce qui fait qu’en ce moment nous prenons les commandes de l'été 2022 pour les livrer en février prochain. Nous sommes également en cours de création de la collection hiver 2022 pour une livraison en août-septembre. Les détaillants vont-ils acheter ou bien par crainte du Covid, mettre les pieds sur les freins ?" Une question à ce jour sans réponse mais qui a un coût : "Chaque collection est un investissement de 150 000 euros entre les stylistes, les tissus, la façon pour faire les modèles… Pour amortir, il faut faire du volume en face."

300 000 euros investis dans de nouvelles machines

Le Fonds territorial résilience, que l’entreprise ne perçoit désormais plus, a permis de résister durant cette période inédite. Mais l’épreuve que traverse sa filière s’illustre par deux exemples récents : "Deux fournisseurs ont mis l’an passé la clé sous la porte, des fabricants de tissus imprimés, l’un italien, l’autre allemand."

Impuissant face à ce constat, Gaëtan Maillet fait malgré tout fi de fatalisme et cherche à se diversifier. "Nous pouvons par exemple travailler en sous-traitance pour d’autres marques. Par ailleurs, nous avons l’exclusivité pour un partenaire sur le tricotage de pare-battage (NDLR, les boudins qui protègent les bateaux à quai) pour des navires de luxe. Trois machines tournent à l’année pour cette activité, ce marché prenant du volume."

La Sedem a également investi 300 000 euros dans trois métiers à tricoter nouvelle génération, livrés en juillet, pour réaliser des pulls sans couture. Une technique utilisée dans la PME depuis plus de 20 ans mais qui passe désormais à un cran supérieur. "Nous sommes ainsi dans l’air du temps, avec zéro déchet et une juste consommation de matière première". Sur ce marché concurrentiel, la Sedem pourra, grâce à son nouvel équipement limitant les coûts de main-d’œuvre, faire du prix un atout, tout en revendiquant auprès de ses donneurs d’ordres le made in France qui la caractérise depuis sa création en 1936.

Gaëtan Maillet, PDG de la Sedem : "Pour chaque collection, ce sont 150 000 euros investis".
Gaëtan Maillet, PDG de la Sedem : "Pour chaque collection, ce sont 150 000 euros investis". — Photo : Cyril Raineau

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