Vendée

Énergie

Hydrogène : les ambitions de Lhyfe se concrétisent

Par Cyril Raineau, le 28 septembre 2020

Le 26 septembre, la pause de la première pierre de la future usine d'hydrogène décarboné de Lhyfe, à Bouin (Vendée), signe un peu plus le développement rapide de l'entreprise nantaise. Son fondateur annonce avoir quadruplé son carnet de commandes en six mois en Europe et doublé ses effectifs.

Futur site industriel de production d'hydrogène de Lhyfe à Bouin en Vendée
Le site du Port du Bec à Bouin, en Vendée, de Lhyfe comprendra une usine de production d'hydrogène et un centre de R&D. — Photo : Essentiel Architectes

Sous le barnum disposé, samedi 26 septembre, le long du Port du Bec à quelques kilomètres du bourg de Bouin, en Vendée, l’ambition s’affiche sur deux écrans : "Premier site industriel de production d’hydrogène propre d’Europe". Symboliquement, et en présence d’un nombre d’invités illustrant l’importance de l’événement, la jeune entreprise nantaise Lhyfe (15 salariés) a posé la première pierre de sa future usine de production d’hydrogène décarboné.

Alors que l’Europe, la France et la Région Pays de la Loire font de l’hydrogène l’énergie du futur, Matthieu Guesné avait un temps d’avance en créant l’entreprise Lhyfe en 2017. Avec un projet à forte consonance environnementale comme au potentiel prometteur : produire de l’hydrogène "vert". Aujourd’hui, 95 % de cette énergie est fabriquée à partir d’hydrocarbures (pétrole, gaz naturel et charbon). "Si c’est pour produire de l’hydrogène avec de l’énergie fossile, on ne gagne rien" sur le plan de l’environnement, souligne le jeune entrepreneur. Lhyfe ambitionne de le concevoir à partir d’énergies renouvelables "et à un prix compétitif". Traduit autrement : moins onéreux que l’hydrogène dit gris.

300 kilos d’hydrogène renouvelable produits par jour

De la rencontre voici deux ans avec Alain Leboeuf, président du Syndicat de distribution des énergies vendéennes (Sydev), va naître l’idée d’installer la première usine à Bouin. Ici, un parc comprenant huit éoliennes, propriété du syndicat, a été construit en 2003. Trois seront reliées à la future usine de Lhyfe pour produire l’hydrogène.

Le site de production d'hydrogène de Lhyfe sera relié  à trois éoliennes du parc éolien situé sur le territoire de la commune de Bouin (Vendée).
Le site de production d'hydrogène de Lhyfe sera relié à trois éoliennes du parc éolien situé sur le territoire de la commune de Bouin (Vendée). - Photo : JDE-Cyril Raineau

L’usine de 700 m2 sera livrée en mars 2021. Puis, en mai, si aucun accroc ne vient contredire le calendrier, Lhyfe produira les 300 premiers kilos quotidiens d’hydrogène renouvelable. Une énergie qui peut être utilisée autant par les automobilistes de voitures équipées de piles à combustible, que pour les bateaux, les véhicules lourds ou les entreprises.

Parmi les premiers clients, la communauté de communes Challans Gois qui s’équipera d’une benne à ordures roulant à l’hydrogène. Citons aussi pêle-mêle les Villes de la Roche-sur-Yon, Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Les Sables d’Olonne, le SDIS 85 qui devraient s’équiper en véhicules circulant avec cette énergie. Des stations-service à hydrogène vont également être construites en Vendée, dont la première en juin 2021 à la Roche-sur-Yon (1,5 M€ d’investissement). Suivront Challans, Saint-Gilles-Croix-de-Vie…

Une première filiale en Allemagne

Les collectivités locales croient donc en l’hydrogène vert et par conséquent en Lhyfe. À plus forte raison, la communauté de communes Challans Gois, où se situe le futur site. Elle dégage un budget de 3 M€ pour construire à la fois l’usine ainsi qu’un autre bâtiment de 200 m2, toujours le long du Port du Bec (Lhyfe de son côté investit également 3 M€ pour l’équipement). Ce second local est destiné à accueillir 15 salariés du service R & D de la société nantaise. Ils effectueront des recherches sur l’optimisation du process de production de l’hydrogène sur terre, mais aussi sur le développement de la production d’hydrogène offshore. Lhyfe consacrera 7,5 millions d’euros dans la recherche et développement dans les trois années à venir. "Demain, nous produirons en mer à partir d’éoliennes offshore avec moins de contraintes et davantage d’énergie", résume Matthieu Guesné.

Le chantier du site de Lhyfe a débuté en juillet. Livraison du bâtiment en mars, production de l'hydrogène en mai 2021.
Le chantier du site de Lhyfe a débuté en juillet. Livraison du bâtiment en mars, production de l'hydrogène en mai 2021. - Photo : Cyril Raineau-JDE

En attendant, Lhyfe poursuit son développement et a ouvert sa première filiale à l'international en Allemagne, un pays misant sur l’hydrogène puisqu’il lui consacre un plan de 9 milliards d’euros. L’Espagne, l’Italie, le Portugal, l’Europe du Nord devraient suivre. En parallèle, en six mois, l’entreprise est passée de 10 projets similaires à celui de Bouin à 40, en France comme dans d’autres pays européens. Poussée par cette énergie, l’entreprise, qui comptait 13 collaborateurs en janvier 2020, franchira la barre des 30 fin 2021.

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