Vendée

Agroalimentaire

Comment Sodebo cherche à s'adapter aux évolutions de consommation

Par Cyril Raineau, le 05 mars 2021

Lancement régulier de nouveaux produits, recherches sur une alimentation saine, transparence sur ses produits : face aux demandes évolutives des consommateurs, le vendéen Sodebo et ses 2 500 salariés se doivent d’être agiles. D’autant que la crise sanitaire a bougé des lignes.

Patricia Brochard, Marie-Laurence Gouraud et Bénédicte Mercier, coprésidentes de Sodebo.
Patricia Brochard, Marie-Laurence Gouraud et Bénédicte Mercier, coprésidentes de Sodebo. — Photo : Pierre Picard

Expérimenter quitte à se casser les dents. Depuis octobre, jouant la carte de la proximité et de l’accessibilité, sont installées dans une quarantaine de bureaux de tabac de France des vitrines réfrigérées contenant des produits snacking de Sodebo. Ce test grandeur nature se rapproche de celui lancé voici quatre ans et toujours en cours avec des distributeurs automatiques de produits similaires, postés dans des universités, entreprises, hôpitaux… Ces deux exemples illustrent le fil conducteur du géant de Saint-Georges-de-Montaigu (Vendée) de l’agroalimentaire : chercher à épouser les évolutions de consommation. Et depuis la crise et les nouvelles habitudes qui s’en dégagent, s’adapter demande d’autant plus d’acuité et de réactivité.

Avec un credo : "Nous ne sommes pas une marque élitiste. Notre mission est de nourrir la population, en apportant des produits bons, sains et pratiques que tout le monde puisse s’offrir tout en se faisant plaisir. " Ce pourrait être un slogan en cette période marquée par un pouvoir d’achat en berne. Ce sont les fondements de la marque, rappelés par Patricia Brochard, coprésidente avec ses deux sœurs Marie-Laurence Gouraud et Bénédicte Mercier de l’entreprise qui emploie 2 500 salariés. Si les bases de l’ETI sont intangibles, le marché de l’alimentaire "a lui toujours été en évolution, et les changements sont plus marqués avec la crise ", confirme la dirigeante, fille des fondateurs de l’entreprise en 1973, Simone et Joseph Bougro.

Un chiffre d’affaires en recul en 2020

La pandémie et les confinements ont en effet eu des répercussions sur l’activité : le chiffre d’affaires de 428 millions d’euros l’an passé, affiche un recul de 7 %. " Ceci est uniquement dû au Covid, analyse la coprésidente. Une grosse partie de nos produits tels que les salades, les sandwiches, les PastaBox sont consommés par des actifs. Les confinements et le télétravail ont fait qu’ils l’ont moins été. Par ailleurs, nous travaillons avec la restauration hors domicile (ndlr, la restauration collective et la restauration commerciale comme les sandwicheries), qui a subi soit une baisse d’activité, soit une fermeture."

Des recherches autour d'une alimentation saine

Patricia Brochard ne s’en cache pas. Même si le début de l’année 2021 " est plutôt bon avec des niveaux d’activité qui reviennent à la normale ", l’ETI familiale a vécu " des moments compliqués " avec la baisse de chiffre d’affaires. Raison pour laquelle " durant cette période de crise, qui est aussi une source d’opportunités, nous nous sommes réinterrogés sur les tendances, requestionnés sur celles qui vont être particulièrement fortes. "

Le lancement de nouveaux produits va dans ce sens. " Pendant le confinement, la maison a été en quelque sorte un refuge, note Patricia Brochard, on y a recréé des moments de convivialité avec notamment les apéritifs dînatoires. " S’appuyant sur cette tendance, la marque lancera au printemps des petites bouchées apéritives. Ou plus précisément relancera, puisque si l’on remonte plusieurs années en arrière, l’entreprise proposait déjà ce type de gamme mais pour des périodes ciblées et festives, telles que Noël.

Surtout, le consommateur est de plus en plus attentif à consommer des produits sains. Une attente à laquelle Sodebo répond tout en étant vigilant. " Il n’y a pas de certitudes sur ces sujets, parfois les informations sont contradictoires, nous accompagnons d’ailleurs les chercheurs sur ce point car il est important de bien comprendre ", remarque Patricia Brochard. Sodebo a en outre recruté il y a un an un responsable scientifique qui provient du milieu de la recherche pour se consacrer sur les sujets liés à la santé. " L’idée est d’avoir des informations, des recommandations sur nos produits et que cela soit scientifiquement validé ". Jusqu’alors, cette activité était externalisée.

En parallèle, Sodebo travaille à réduire le nombre d’additifs quand ils n’ont pas d’intérêts majeurs. " Attention, un additif peut être important pour la conservation des produits, remarque Patricia Brochard, il ne faut pas tous les bannir, certains ont un rôle à jouer. " À la date de juillet 2020, 48 recettes de l’ETI étaient sans additif (Sodebo dispose dans son catalogue de plus de 150 recettes).

Transparence avec le Nutri-Score et la Note Globale

Le développement du Nutri-Score est une autre réponse apportée aux souhaits des consommateurs d’être informés sur les produits. Mis en place en France pour la première fois en 2017, il consiste en un étiquetage posé sur l’emballage du produit destiné à faciliter la compréhension des informations nutritionnelles. Une lettre et une couleur sont attribuées au produit en fonction de sa qualité (la DGCCRF est chargée des contrôles). " Nous l’appliquons sur l’ensemble de nos produits, fait savoir Patricia Brochard. C’est un vrai choix d’entreprise, un engagement sur la base du volontariat puisqu’aucune loi ne nous y oblige. " 65 % des produits Sodebo sont classés A ou B. " Cela ne veut pas dire que les autres sont mauvais, nuance la coprésidente, l’équilibre nutritionnel ne se fait pas sur un repas mais sur une période de dix jours. On peut se faire plaisir avec une pizza 4 fromages dont le Nutri-Score sera D mais ce ne sera pas un problème si vous n’en mangez pas tous les jours. Au moins, le consommateur dispose de l’information. "

Sodebo faisait partie des pionniers pour la mise en place de cet outil. L’ETI va désormais plus loin dans cette volonté de transparence en étant parmi les fondateurs de la Note Globale. Derrière ce concept, une évaluation de la performance sociétale des produits à travers six enjeux (l’aspect santé, environnemental, le bien-être animal…). Cette note est basée sur les données de ceux qui font les produits et co-construite avec tous les acteurs des filières. Il s’agit également d’une démarche volontaire et non obligatoire. Le projet se construit depuis 2017 et Sodebo, là encore avec cette volonté d’expérimenter qui renvoie à celle de répondre aux attentes des consommateurs, devrait voir ses premiers produits notés courant 2021.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition