Hauts-de-France

Énergie

Tiamat lève 3,6 millions d'euros pour ses batteries au sodium

Par Elodie Soury-Lavergne, le 04 octobre 2018

Ingénieur de formation, Laurent Hubard s’est appuyé sur une technologie développée par le CNRS pour créer la start-up Tiamat, à Amiens. Celle-ci veut révolutionner l’univers des batteries en remplaçant le lithium par du sodium.

Iona Moog, directrice de la technologie, et Laurent Hubard, président de Tiamat.
L'équipe de la start-up amiénoise Tiamat veut bâtir un démonstrateur industriel en 2020 pour produire les premières séries de ses batteries sodium-ion. — Photo : Tiamat

Le créateur

Ingénieur diplômé de l’ESPCI, Laurent Hubart n’a pas foncé tête baissée dans l’entrepreneuriat. Il s’est d’abord forgé une solide expérience industrielle chez Renault, L’Oréal et le groupe chimique PCAS. Il s’est ensuite lancé dans l’aventure de la création, avec une première entreprise de conseil en innovation, à Paris. Celle-ci a compté jusqu’à 40 collaborateurs. « À cette époque, j’ai participé à une soirée sur le stockage de l’énergie. J’y ai rencontré des chercheurs du CNRS qui travaillaient depuis sept ans sur des batteries au sodium-ion », raconte-t-il. Convaincu par le potentiel de cette technologie, il crée alors Tiamat en septembre 2017, à Amiens, avec l’objectif de la déployer.

Le concept

Tiamat développe des batteries fonctionnant avec la technologie sodium-ion (Na-ion), avec l’objectif de la substituer à celle du lithium-ion (Li-ion), employée dans les batteries classiques. Cette nouvelle technologie au sodium affiche un coût similaire à celle au lithium, mais des performances « susceptibles de révolutionner les usages, par exemple dans les domaines de la mobilité, de l’outillage portatif ou du stockage des énergies renouvelables », indique Laurent Hubard.

Présentant moins d’autonomie qu’une batterie classique, la batterie au sodium se recharge dix fois plus vite, en « 5 à 10 minutes », précise Laurent Hubard, contre plusieurs heures pour une batterie au lithium. Cette technologie permet aussi de réaliser dix fois plus de cycles de charge. « Pour des taxis autonomes ou des robots industriels, par exemple, la recharge rapide permettra de ne pas acheter de machines supplémentaires dans le but de les substituer à celles qui sont en charge », explique le dirigeant. Enfin, cette innovation permet aux batteries de s'affranchir du lithium et du cobalt, qui sont des ressources rares et coûteuses.

Les perspectives

Tiamat vient de lever 3,6 M€ auprès de Finovam, CNRS Innovation et Picardie Investissement. Ce premier tour de table va lui permettre de fabriquer des prototypes, afin de valider auprès de partenaires clients les propriétés de sa batterie en fonctionnement. Cette étape s’étalera sur 18 mois et sera suivie par une phase d’industrialisation : « L’objectif est d’installer dès 2020, dans les Hauts-de-France idéalement, un premier démonstrateur industriel. Il produira de premières petites séries ». Pour cette prochaine étape, Tiamat aura besoin d’effectuer une nouvelle levée de fonds.

La start-up, qui ne réalise pas encore de chiffre d'affaires, entend commercialiser sa technologie partout en Europe. Elle emploie actuellement 10 salariés et en comptera 15 d’ici la fin de l’année.

Iona Moog, directrice de la technologie, et Laurent Hubard, président de Tiamat.
L'équipe de la start-up amiénoise Tiamat veut bâtir un démonstrateur industriel en 2020 pour produire les premières séries de ses batteries sodium-ion. — Photo : Tiamat

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