Hauts-de-France

Accompagnement

La CCI des Hauts-de-France mobilise pour faciliter la reprise et la transmission des entreprises

Par Jeanne Magnien, le 02 décembre 2022

Le premier salon Transfair, organisé par la CCI des Hauts-de-France et ses nombreux partenaires, s’est tenu le 1er décembre à Lille. L’occasion d’un coup de projecteur sur les enjeux de la transmission d’entreprise, alors que de plus en plus de dirigeants approchent de l’âge de la retraite.

Le premier salon Transfair sur la transmission d'entreprises, animé par la CCI, la Région, l’État, l'Ordre des Experts-Comptables et la CMA, a réuni 400 personnes le 1er décembre 2022 à Lille. 
Le premier salon Transfair sur la transmission d'entreprises, animé par la CCI, la Région, l’État, l'Ordre des Experts-Comptables et la CMA, a réuni 400 personnes le 1er décembre 2022 à Lille.  — Photo : CCI Hauts-de-France

Quelque 37 600 entreprises seront disponibles à la reprise d’ici cinq ans dans les Hauts-de-France, par la simple mécanique de l’avancée en âge de leurs dirigeants. 117 000 emplois seraient concernés, selon l’étude que vient de mener la CCI Hauts-de-France. "C’est un sujet majeur pour le territoire, lâche Philippe Hourdain, le président de la chambre consulaire. Tout le monde se bat pour créer des emplois, mais il s’agit aussi de pérenniser l’existant. Il est plus simple et moins coûteux de conserver des emplois, que d’en créer."

Groupe de travail régional

Cette urgence était au cœur du premier salon Transfair, qui a réuni 400 personnes le 1er décembre, à Lille. Il a marqué le coup d’envoi d’un groupe de travail agrégeant la CCI, la Région, l’État, l’Ordre des Experts-Comptables, et la CMA. Avec un message à passer : une reprise, ça se prépare, et pendant cinq ans environ. Si l’âge de la retraite est fixé à 62 ans, c’est dès ses 57 ans qu’un dirigeant devrait donc commencer à se préoccuper de la transmission de son entreprise. Or, pointe l’étude, si 45 % des dirigeants régionaux dans l’industrie ont plus de 57 ans, seuls 17 % ont un plan de cession.

Les mêmes ordres de grandeur se retrouvent dans le commerce de gros, et dans la logistique. Au contraire, dans d’autres secteurs, les dirigeants cherchent souvent à vendre bien avant de voir se profiler l’âge de la retraite. Par exemple, seuls 29 % des propriétaires de débits de boissons ont plus de 57 ans, mais 45 % cherchent déjà un repreneur.

Sensibiliser et financer

Sensibiliser, c’est donc la première tâche que se donne ce groupe de travail. Plus encore, il compte renforcer l’accompagnement des cédants et des repreneurs, avant, pendant et après l’opération. Mais aussi, améliorer l’accès au financement.

"Nous allons lancer un nouveau fonds, abondé par Finorpa et un autre fonds régional", avance Philippe Beauchamps, conseiller entreprises à la Région. "Il sera doté de 5 à 10 millions d’euros et financera, en haut de bilan, des repreneurs, pour des tickets entre 100 000 et 150 000 euros. C’est vraiment un nouvel outil que crée la Région, qui vient s’ajouter aux différents dispositifs d’aides, de subventions, et de prêts d’honneur qui existent déjà."

La difficulté, pointe la CCI, est aussi d’arriver à soutenir les ventes de TPE et PME, dont les dirigeants se retrouvent démunis quand vient le moment de vendre. "Les entreprises valorisées à 1 ou 1,5 million d’euros peuvent sans problème se tourner vers des cabinets de conseil dédiés, dont c’est le métier de gérer les cessions/acquisitions, et qui se rémunèrent à la commission. Ces cabinets ne sont pas intéressés par des entreprises vendues 300 000 euros, ce n’est pas assez rémunérateur pour eux. C’est à nous de prendre le relais", complète Philippe Hourdain.

Découragement des dirigeants

Et la tâche est d’autant plus grande que la période n’est pas vraiment favorable aux transactions. Si bon nombre de dirigeants sont tentés de jeter l’éponge, pas sûr que les candidats à la reprise se bousculent. "Les dirigeants n’ont plus d’horizon. Depuis le Covid, de nouvelles crises s’accumulent et, cette fois, il n’y a pas de vaccin à espérer. Ce manque de visibilité mine le moral, notamment des indépendants, qui se demandent à quoi bon persévérer. Du côté des repreneurs, la visibilité manque aussi, d’autant plus que l’énormité des chantiers à venir, avec des investissements liés à l’évolution technologique, à la transition écologique des entreprises, peut effrayer de potentiels repreneurs", estime Hubert Tondeur, qui préside l’Ordre régional des Experts-Comptables. D’où l’importance, pour les futurs vendeurs, de bien se préparer en amont, quitte à lancer ces chantiers avant la cession, insistent les élus régionaux.

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