France

Conjoncture

Un dirigeant de TPE-PME sur cinq gagne moins que le Smic

Par Stéphane Vandangeon, le 05 janvier 2024

Une étude de la CPME bat en brèche l’image du patron grassement payé. Dans les TPE et les PME, un chef d’entreprise sur cinq gagne moins de 1 400 euros nets par mois, alerte le syndicat patronal.

Selon la CPME, seuls 25 % des dirigeants de TPE et de PME ont une rémunération nette supérieure à 4 000 euros par mois.
Selon la CPME, seuls 25 % des dirigeants de TPE et de PME ont une rémunération nette supérieure à 4 000 euros par mois. — Photo : dusanpetkovic1

Les patrons de PME sont loin de rouler sur l’or. C’est ce que révèle une étude que vient de publier la CPME. Un dirigeant de TPE et de PME sur cinq gagne en effet moins que le Smic (passé à 1 398,69 euros nets depuis le 1er janvier), assure le syndicat patronal qui a interrogé 1 331 patrons de petites et moyennes entreprises en fin d’année dernière.

75 % des patrons de TPE-PME gagnent moins de 4 000 euros

Selon l’enquête, seuls 25 % des dirigeants ont une rémunération nette supérieure à 4 000 euros par mois. La moitié d’entre eux gagne moins de 2 630 euros nets, montant qui correspond, selon l’Insee, au salaire net mensuel moyen dans le secteur privé en 2022.

"Les chefs d’entreprise ne s’en mettent pas plein les poches", commente la CPME dans un communiqué. Et c’est d’autant plus vrai pour les dirigeants des plus petites structures. Ces derniers éprouvent même bien souvent de grandes difficultés à joindre les deux bouts. 51 % des dirigeants n’employant pas de salarié déclarent en effet avoir une rémunération mensuelle moyenne inférieure au Smic.

Pour la CPME, il s’agit de tordre le cou à l’image de dirigeants de petites et moyennes entreprises grassement payés. "Une TPE/PME n’est pas une grande entreprise en modèle réduit, personne ne doit l’oublier", appuie le syndicat patronal, qui pointe du doigt "les difficultés auxquelles sont confrontés les chefs d’entreprise sur le dos desquels les règles et contraintes s’accumulent, un grand nombre de textes allant même jusqu’à les mettre en cause pénalement".

6,7 millions d’euros de rémunération annuelle pour le Cac 40

La situation est en effet très différente dans les grandes entreprises. Ce que confirme l’étude annuelle publiée fin novembre 2023 par la société de conseil Proxinvest. La rémunération annuelle des présidents exécutifs des 120 plus grandes sociétés cotées en France (le SBF 120) s’est élevée à 4,2 millions d‘euros en 2022. Celle des présidents exécutifs du Cac 40 atteint 6,7 millions d’euros. Selon Proxinvest, le dirigeant ayant bénéficié de la rémunération la plus élevée en 2022 est Bernard Charlès (DG de Dassault Systèmes), à 33 millions d’euros. Suivent le PDG de Teleperformance Daniel Julien (19,7 M€), le DG de Stellantis Carlos Tavarès (19,6 M€), le PDG de Vallourec Philippe Guillemot (15 M€) et le PDG de Kering François-Henri Pinault (13,7 M€).

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