Stanislas de Bentzmann : « Le problème français, c'est le poids de la fiscalité »

Par la rédaction, le 26 avril 2016

Président de Croissance Plus, Stanislas de Bentzmann s'exprime sur l'entrepreneuriat en France, les politiques publiques, le virage économique de nos politiques, le poids de la fiscalité. Le tout sans langue de bois.
Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

La France foisonne de start-up. C’est un modèle de satisfaction pour vous Stanislas de Bentzmann?

Il y a une dynamique incroyable dans notre pays. Par l’effet d’entrainement des étudiants qui créent leur start-up, les parents sont influencés ainsi que les pouvoirs publics. Le problème de la France, c’est qu’on aime les petits, les Poulidor, on ne veut pas de riches, on ne veut pas de gens qui réussissent trop bien. Donc, en France, c’est aux start-ups qu’on s’intéresse beaucoup, et il faudrait changer le système. Les start-ups doivent devenir des entreprises en accélération allant à l’international et créant de la richesse et de l’emploi. Mais pour cela, il faut le vouloir et encourager la promotion de cette réussite.




Croissance Plus est une association de chefs d’entreprises en croissance. Vous avez aussi un rôle de lobbying auprès des pouvoirs publics. Sur quoi vous insistez pour permettre aux entreprises de croître ?

On est arrivé au bout du chemin keynésien. C’est un message que nous portons dans les ministères qui n’est pas forcément apprécié. On essaie d’influencer les programmes de 2017 et parlons avec le gouvernement qui est plutôt pro-business depuis l’arrivée de Manuel Valls et le virage pris par François Hollande. Nous proposons également des analyses aux candidats de droite et du centre. François Fillon est le plus avancé, suivi d’Alain Juppé et Bruno Le Maire. Croissance Plus parle avec tout le monde, y compris l’équipe de Nicolas Sarkozy. L’association n’a pas vocation à être l’écurie d’un candidat mais à faire passer un message. 




Le débat est aujourd’hui concentré sur le débat de la loi El Khomri et finalement très peu sur le poids de la dépense publique. Est-ce un message que vous faites aussi passer ?

Le problème central de la France, c’est en effet le poids de sa fiscalité. Pour financer une dépense publique beaucoup trop lourde, on a énormément taxé les entreprises, qui elles, ne votent pas ! Les Français doivent pouvoir choisir le modèle social qu’ils souhaitent. Si nous optons pour un modèle cher, comme le modèle danois, évitons que les entreprises le porte toutes seules. L’impôt sur les entreprises et le capital est plus lourd en France que dans les principaux pays européens et, de ce fait, nos entreprises gagnent moins d’argent.

 


Etes-vous en opposition par rapport à un entrepreneur comme Xavier Niel qui dit que « la France est un formidable pays pour entreprendre et réussir » ?

Au-delà des coups de communications, il faut juger l’arbre à ses fruits. La situation de l’économie française est-elle satisfaisante ? Produit-elle suffisamment de richesse et d’emploi pour permettre au pays d’aller bien ? A priori c’est compliqué… Comme l'impôt est beaucoup trop lourd, on passe notre vie à créer des niches. Pour l’ensemble des entreprises, dans le cadre fiscal normal, ce poids est extrême et les empêche de se développer.

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