Conjoncture

Les délais de paiement des entreprises s'améliorent en France

Par Stéphane Vandangeon, le 30 mars 2022

Les délais de paiement des entreprises s’améliorent en France, même s’ils ne renouent pas avec les niveaux d’avant la crise sanitaire. Mais les différences de comportement restent énormes selon les entreprises. Pour être payé sans encombre, mieux vaut s’adresser à une TPE bretonne du BTP qu’à une grande entreprise parisienne de la restauration.

La construction est le secteur d’activité qui paie le plus rapidement ses fournisseurs en France.
La construction est le secteur d’activité qui paie le plus rapidement ses fournisseurs en France. — Photo : Sculpies

Après une flambée des retards de paiement durant l’été 2020, la situation s’est améliorée. En 2021, les retards de paiement des entreprises atteignaient 12,5 jours en France, assure une étude du groupe Altares, menée après analyse de 35 millions de relations commerciales. C’est mieux que les 14 jours enregistrés au lendemain du premier confinement. Mais cela reste supérieur à la situation d’avant crise (11,3 jours au premier trimestre 2020). Reste que les entreprises ne mettent pas la main à la poche avec la même célérité.

Délais de paiement raccourcis en province

Au niveau des régions, il existe de vraies disparités. Les entreprises parisiennes s’avèrent être de très mauvais payeurs, avec 17,3 jours de retard en moyenne. Les Corses sont à peine plus rapides (16 jours). Au contraire des Bretons, qui payent quasiment rubis sur l’ongle (9,8 jours). Pays de la Loire, Bourgogne Franche-Comté, Nouvelle-Aquitaine et Centre-Val de Loire s’avèrent également être de bons élèves avec des retards de paiement inférieurs à 11 jours.

L’hôtellerie-restauration très en retard

Au niveau des secteurs d’activité aussi, il existe d’importantes différences de comportements. La construction (9,5 jours) et l’industrie (10,1 jours) se distinguent par leur fiabilité. Au contraire de l’hôtellerie-restauration qui demeure le secteur qui tarde le plus à régler ses factures (20,3 jours de retard), devant le transport et la logistique (16 jours) et les services aux particuliers (15,7 jours).

Les PME plus disciplinées que les grands groupes

Autre enseignement intéressant apporté par l’étude d’Altares : plus l’entreprise est grande, plus elle prend son temps pour passer à la caisse. Les entreprises de plus de 1 000 salariés paient leurs factures avec 17,4 jours de retard, quand les moins de 50 salariés ne mettent que 12,4 jours. Ces comportements renvoient toutefois à des réalités différentes. Dans une grande entreprise, les retards sont davantage liés à des process de facturation complexes. Dans une TPE, ils peuvent davantage refléter des signes de tensions sur la trésorerie.

Risques de tensions avec la guerre en Ukraine

Si la situation globale des délais de paiement en France s’améliore, la guerre en Ukraine pourrait changer la donne. "L’envolée des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, la confiance érodée des consommateurs pourraient aussi fragiliser la reprise des secteurs les plus durement fragilisés par la crise sanitaire. Il est encore trop tôt pour savoir si, dans ce contexte, les factures pourront être réglées à l’échéance des 60 jours de délais maximum", s’interroge Thierry Million, directeur des études d’Altares.

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