France

Politique économique

Le Maire, Dussopt, de Montchalin… : Élisabeth Borne forme son gouvernement

Par Stéphane Vandangeon, le 20 mai 2022

Une renaissance peut-être, mais pas une révolution. Le nouveau gouvernement d’Élisabeth Borne a été dévoilé le 20 mai. Il s’appuie en grande partie sur les piliers du gouvernement Castex.

Élisabeth Borne vient de former son premier gouvernement, qui s’appuie pour beaucoup sur des membres du gouvernement Castex.
Élisabeth Borne vient de former son premier gouvernement, qui s’appuie pour beaucoup sur des membres du gouvernement Castex. — Photo : Aron Urb (EU2017EE) - CC BY 2.0

Symbole de ce changement dans la continuité : Bruno Le Maire reste à Bercy. Le successeur de Michel Sapin a été nommé ministre de l’Économie en 2017, au début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Ce normalien et énarque a porté la loi Pacte et est plutôt bien apprécié des milieux patronaux pour sa gestion de la crise sanitaire – il avait notamment été très chaudement applaudi lors de la dernière REF du Medef. Son titre évolue un peu : Bruno Le Maire, 53 ans, est désormais ministre de l’Économie, des finances, mais aussi de la Souveraineté industrielle et numérique. Son équipe évolue aussi. À son ministère, est rattaché Gabriel Attal, ancien porte-parole du gouvernement, nommé ministre délégué chargé des comptes publics.

Jusqu’alors rattachés à Bercy, Cédric O (ex-secrétaire d’État au Numérique) et Jean-Baptiste Lemoyne (ex-ministre délégué aux PME) quittent le gouvernement. Également rattachée à Bruno Le Maire durant le gouvernement Castex, Agnès Pannier-Runacher, ex-ministre déléguée chargée de l’Industrie, devient ministre de la Transition énergétique. Pour sa part, Olivia Grégoire, jusqu’ici secrétaire d’État chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable, devient porte-parole du gouvernement.

Olivier Dussopt au Travail, Amélie de Montchalin à la Transition écologique

Dans les autres ministères qui comptent pour les entreprises, Olivier Dussopt est nommé ministre du Travail, du plein-emploi et de l’insertion. Jusqu’alors ministre délégué chargé des Comptes publics, il succède à Élisabeth Borne.

Marc Fesneau, ministre des Relations avec le parlement depuis 2018, devient ministre de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire, succédant à Julien Denormandie.

Amélie de Montchalin devient pour sa part ministre de la Transition écologique et de la transition des territoires. Cette conseillère régionale d’Île-de-France était ministre de la Transformation et de la fonction publique depuis deux ans. Son ministère continuera à se charger des transports. Même si, sur le plan symbolique, ce gouvernement Borne ne comprend pas de ministre des transports, avec le départ de Jean-Baptiste Djebbari.

De son côté, la physicienne Sylvie Retailleau, présidente de l’université de Paris-Saclay, devient ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche.

Succédant à Jean-Yves Le Drian au Quai d’Orsay, Catherine Colonna, actuelle ambassadrice de France à Londres, devient ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Lui est rattaché, Franck Riester ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’attractivité. Ainsi que Clément Beaune qui conserve ses attributions aux Affaires européennes, mais cette fois au titre de ministre délégué.

Des piliers qui restent en place

Dans les autres ministères, certains piliers du gouvernement Castex restent en place. Gérald Darmanin demeure ainsi en poste au ministère de l’Intérieur. Lui est rattaché un nouveau venu, Christophe Béchu, nommé ministre délégué des Collectivités territoriales. Le maire d’Angers est également rattaché à Amélie de Montchalin.

Autre homme fort du gouvernement Castex qui rempile : le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti conserve le ministère de la Justice.

Des nouveaux venus

Dans les nouveaux venus, l’historien Pap Ndiaye, directeur du Musée de l’Histoire de l’immigration (à Paris), devient ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse. Il succède à Jean-Michel Blanquer.

Rima Abdul-Malak, conseillère culture et communication d’Emmanuel Macron depuis 2019, devient, elle, ministre de la Culture. Directrice générale de la Fédération française de tennis, Amélie Oudéa-Castéra est pour sa part nommée ministre des Sports, des jeux olympiques et paralympiques.

Damien Abad, ancien président du groupe LR de l’Assemblée nationale, devient ministre des Solidarités, de l’autonomie et des personnes handicapées. L’avocate, Yaël Braun-Pivet, députée des Yvelines, devient ministre des Outre-mer. Stanislas Guerini, délégué général de La République en Marche, devient ministre de Transformation et de la fonction publique. La députée de Guadeloupe Justine Bénin devient secrétaire d’État chargée de la Mer. La députée européenne Chrysoula Zacharopoulou est nommée secrétaire d'Etat chargée du développement, de la francophonie et des partenariats nationaux et la magistrate Charlotte Caubel devient secrétaire d'Etat chargée de l'Enfance.

Jeu de chaises musicales

Le gouvernement d’Élisabeth Borne n’échappe pas au petit jeu des chaises musicales. Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer depuis 2020, devient ministre des Armées. Jusqu’alors ministre déléguée chargée de l’Autonomie, Brigitte Bourguignon devient ministre de la Santé et de la prévention. Un ministère que laisse Olivier Véran qui devient ministre délégué chargé des Relations avec le parlement et de la vie démocratique. Il est rattaché à Matignon. Est également nommée ministre déléguée auprès de la Première ministre, Isabelle Rome, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances.

Cette nouvelle équipe se retrouvera ce lundi 23 mai au matin pour un premier conseil des ministres.

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