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Yprema : l’écologie du BTP

Par Isabelle Jaffré, le 06 janvier 2020

L’entreprise parisiano-carhaisienne est spécialisée dans le recyclage de matériaux de construction. Une activité d’avenir alors que l’enjeu du développement durable touche aussi le secteur du BTP.

La centrale Yprema de Pluguffan traite 30 000 tonnes par an de matériaux.
La centrale Yprema de Pluguffan traite 30 000 tonnes par an de matériaux. — Photo : © Eric Morency

Yprema avait raison avant les autres. L’entreprise Yprema (104 salariés, 24 M€ de CA) est spécialisée depuis 30 ans dans le recyclage des matériaux de déconstruction du BTP. « C’était du développement durable avant l’heure : nous recyclons la terre ou le béton issus des chantiers pour en refaire de la matière de construction. Cela évite de prélever, à nouveau, de la matière première », explique Claude Prigent, le président d’Yprema.

Bon sens paysan

L’idée ne vient cependant pas de nulle part. Yprema est issue de Prigent SA, l’entreprise de terrassement fondée dans les années 70 en banlieue parisienne où vivent les parents de Claude. Originaires de Centre Bretagne, ils ont quitté leur village dans les années 50 pour la capitale, comme tant d’autres bretons. Le couple exploite d’abord une ferme, avant de se lancer dans d’autres activités : d’abord dans le transport de matériaux pour le BTP puis le terrassement.

C’est le fameux « bon sens paysan » qui pousse Yves Prigent à vouloir éviter le gâchis des terres de déblais et autres matériaux de déconstruction jetés pendant que l’on prélève ou produit ailleurs pour d’autres chantiers. L’idée du recyclage par concassage du béton armé notamment prend forme dans les années 80. En 1989, la filiale Yprema naît, dirigée par Claude Prigent.

Retour en Bretagne

Claude Prigent, président d'Yprema.
Claude Prigent, président d'Yprema. - Photo : © Eric Morency

Les nombreux chantiers parisiens et la difficulté de trouver de la matière première à proximité de la capitale permettent à Yprema de se développer, tandis que Prigent SA périclite après avoir été vendue en 2000. L’avenir de l’entreprise familiale n’est plus dans le terrassement mais bien dans le recyclage des matériaux. En 2001, Claude Prigent veut installer des plateformes de recyclage en région. C’est tout naturellement qu’il commence par la Bretagne. Le site de Pluguffan, près de Quimper ouvre cette année-là, tandis que le siège (5 personnes) quitte la région parisienne pour Carhaix. « C’est un retour aux sources !, sourit le dirigeant. On ne pouvait pas faire beaucoup plus en Ile-de-France, à ce moment-là. » Aujourd’hui, Yprema compte 16 sites. Les 9 Franciliens participent notamment au chantier du Grand Paris.

En région, Yprema se heurte à un autre problème : « la matière première de construction est de très bonne qualité et abondante, donc peu chère », indique le président. À côté, les prix d’Yprema sont au niveau haut du marché. Comment convaincre dans ces conditions les donneurs d’ordres de faire appel à Yprema ? « Le service, répond Claude Prigent. Nous fonctionnons en double flux, nos camions ne circulent jamais à vide. Nos sites sont aussi plus proches des chantiers que les carrières. Moins de dépenses de carburant, moins d’empreinte carbone ! » La législation va également désormais dans le sens du développement durable. Un coup de pouce bienvenu.

L’entreprise pense aujourd’hui aussi à sa transformation digitale : elle vient de lancer Yterres, une plateforme numérique pour favoriser l’évacuation des terres de chantier. Dirigée par Pierre Prigent, responsable développement et innovation d’Yprema, et fils de Claude Prigent, l'entreprise fait la mise en relation entre les entreprises de terrassement qui doivent évacuer la terre et les centres de dépôts.

La centrale Yprema de Pluguffan traite 30 000 tonnes par an de matériaux.
La centrale Yprema de Pluguffan traite 30 000 tonnes par an de matériaux. — Photo : © Eric Morency

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