Côtes-d'Armor

Industrie

Thermigas rejoint le groupe aquitain Babcock Wanson pour sécuriser son avenir

Par Julien Uguet, le 04 mai 2021

Spécialisée dans la fabrication de solutions de chauffe pour des process industriels, la société Thermigas vient d’être rachetée par Babcock Wanson, équipementier international de chaudières industrielles.

Patrice Le Du a choisi, parmi les nombreux repreneurs qui étaient sur le dossier, d’adosser Thermigas au groupe Babcock Wanson qui partageait le plus de valeurs lui.
Patrice Le Du a choisi, parmi les nombreux repreneurs qui étaient sur le dossier, d’adosser Thermigas au groupe Babcock Wanson qui partageait le plus de valeurs lui. — Photo : Julien Uguet

Nouvelle étape dans la croissance de l’entreprise Thermigas. Fondée en 1989 à Lamballe, la PME avait été reprise en 2005 par Patrice Le Du. Depuis quelques semaines, elle compte désormais parmi les filiales du groupe Babcock Wanson basé à Nérac dans le Lot-et-Garonne (600 salariés, 90 millions d’euros de chiffre d’affaires). "Cette intégration me permet de sécuriser l’avenir de l’entreprise et de pérenniser son développement aux côtés d’une référence internationale dans les chaudières industrielles et les équipements de chauffage de procédés."

Des offres complémentaires

Spécialisée, elle aussi, dans la fabrication de produits et services autour des solutions de chauffe pour des process industriels, la PME costarmoricaine (30 salariés, 4 millions d’euros de chiffre d’affaires) s’inscrit parfaitement en synergie commerciale avec son nouvel actionnaire. "Notre cœur de cible concerne les projets de tailles modestes allant jusqu’à des puissances de 1,5 mégawatt, soit l’équivalent de 150 chaudières domestiques, justifie Patrice Le Duc. Là où Babcock fabrique des modèles partant de cette capacité et pouvant atteindre 100 mégawatts."

Pour le groupe implanté en région Nouvelle-Aquitaine, cette acquisition va lui permettre de renforcer son expertise sur les aspects environnementaux, Thermigas ayant développé une offre autour de la production de biogaz à la ferme. "Nos deux entreprises partagent un business model commun et équilibré entre produits et services autour d’une ambition commune, celle de réduire l’empreinte énergétique de nos clients", confirme Cyril Fournier-Montgieux, président de Babcock Wanson.

Une image qui change

Grâce au savoir-faire des équipes de Babcock, Thermigas va en profiter pour accélérer ses travaux de recherche et développement qui sont l’un des forces de l’entreprise, en plus de son agilité et de sa réactivité de PME. L’entreprise dispose d’ailleurs, dans son portefeuille d’activités, de nombreux brevets comme le thermoplongeur à gaz. "On va pouvoir par exemple bénéficier de leurs centres d’essais pour tester nos innovations, ajoute Patrice Le Du. Notre image commence déjà à changer. Je prends l’exemple de l’Ademe qui nous regardait à peine quand on répondait à des appels à projets sur les énergies. Notre statut de petite entreprise, pourtant à la pointe et reconnue sur son marché, ne semblait pas séduire. Je sais déjà qu’avec Babcock cela va évoluer en notre faveur."

L’opérateur costarmoricain entend également trouver des relais de croissance pour ses produits à l’international. "Les meilleures années, l’export a représenté 20 % de l’activité dans tous les secteurs industriels, même si l’agroalimentaire reste important. Babcock va, sûrement, là aussi nous ouvrir des portes puisque le groupe s’appuie sur plus de 80 commerciaux."

Une transition de deux ans

Patrice Le Du va assurer pendant les deux prochaines années le rôle de manager de transition afin d’accompagner la reprise. "Je passerai progressivement la main en faisant monter en compétences et en responsabilités les collaborateurs de Thermigas." Il pourra compter sur le soutien du back-office du groupe qui en est à sa troisième opération de croissance externe depuis 2016 avec le rachat de Maes en Belgique et Reputabel aux Pays Bas. "Certes, le reporting est aujourd’hui plus exigeant que par le passé même si nous avions déjà mis en place une organisation bien structurée, confirme Patrice Le Du. Cela dit, un collaborateur dédié de Babcock nous accompagne, quasiment au quotidien, pour que l’intégration soit pleinement réussie. C’est une véritable chance."

La Covid-19 renforce les convictions

À la tête de l’entreprise depuis 16 ans, Patrice Le Du estime que le temps était venu de préparer l’avenir de "son bébé" qu’il a aidé à grandir. "J’ai trop vu, dans mon entourage, des cédants potentiels qui se sont accrochés à leur poste alors qu’ils pouvaient partir. Moi qui aie travaillé 11 ans au Canada dans le monde industriel, je peux dire que c’est même un mal français. Je transmets mon entreprise maintenant avec une très bonne santé financière."

Et s’il reconnaît que la Covid-19 l’a secoué, il assure que cette crise n’a pas remis en cause sa volonté de passer le flambeau. "Elle aurait même renforcé ma conviction personnelle et celles des nombreux repreneurs qui étaient sur le dossier. J’ai d’ailleurs été étonné de l’engouement porté sur Thermigas. J’ai fait le choix de m’adosser au partenaire qui partageait le plus de valeurs avec moi", conclut Patrice Le Du.

Patrice Le Du a choisi, parmi les nombreux repreneurs qui étaient sur le dossier, d’adosser Thermigas au groupe Babcock Wanson qui partageait le plus de valeurs lui.
Patrice Le Du a choisi, parmi les nombreux repreneurs qui étaient sur le dossier, d’adosser Thermigas au groupe Babcock Wanson qui partageait le plus de valeurs lui. — Photo : Julien Uguet

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