Côtes-d'Armor

Santé

L’Hôpital privé des Côtes-d’Armor mise sur la technologie

Par Matthieu Leman, le 18 mai 2022

L’Hôpital privé des Côtes-d’Armor va accueillir en septembre un robot chirurgical. Si le modèle économique de cet équipement n’a pas été trouvé, il devient indispensable pour attirer les jeunes praticiens, de plus en plus formés sur ces technologies. L’établissement va également investir dans de nouveaux blocs opératoires.

Pascal Rivoire est le directeur de l’Hôpital privé des Côtes-d’Armor depuis novembre 2021.
Pascal Rivoire est le directeur de l’Hôpital privé des Côtes-d’Armor depuis novembre 2021. — Photo : Matthieu Leman

L’Hôpital privé des Côtes-d’Armor (40 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021, 400 salariés directs, 1 000 ETP travaillant sur le site chaque jour) va procéder dans les mois qui viennent à des investissements massifs. En septembre, un robot chirurgical sera installé. Ce modèle nommé Da Vinci réalisé par l’entreprise américaine Intuitive Surgical coûte 1,3 million d’euros et nécessite près de 800 000 euros de charges par an, entre amortissement, maintenance et consommables. "Le modèle économique des robots n’a pas encore été trouvé", explique Pascal Rivoire, le directeur de l’établissement. "C’est un investissement pour l’avenir. Les jeunes praticiens sont déjà formés sur ces robots, nous n’avons pas le choix que de proposer cette technologie."

Centre de recherches cliniques

Proposer les dernières technologies médicales fait partie de l’ADN de l’établissement, installé dans ses locaux de Plérin depuis 2016. Une deuxième génération de colonne 3D permettant de pratiquer des cœlioscopies (technique chirurgicale permettant d’accéder à l’intérieur de l’abdomen par de petites incisions de la paroi abdominale, NDLR) va être installée. Le traitement du cancer de la prostate par la technologie laser greenlight impose un surcoût de 40 % mais permet le traitement de deux fois plus de patients en une journée. Enfin, l’hôpital revendique la position de premier centre de recherches cliniques privé en cancérologie. "Nous ne gagnons pas d’argent avec la Recherche mais elle nous permet d’être innovants et toujours à la pointe des traitements", souligne le directeur. Elle permet aussi d’attirer des praticiens de haut niveau, sur un marché du recrutement très tendu. "Nous recherchons actuellement 25 personnes, dans les domaines médical et paramédical et on ne trouve personne."

Dans les deux ans qui viennent, l’établissement va également procéder à une réorganisation de son parcours opératoire, avec une extension de quatre blocs, qui porteront le total à 19 salles, et l’extension du plateau technique de radiothérapie, avec la construction d’un quatrième bâtiment de 150 m², dont la construction démarrera à la fin de l’année. Le montant total de ces travaux se monte à six millions d’euros.

Rentabilité négative

Des efforts financiers importants qui ne sont pourtant pas le fruit d’une activité rentable. "Notre rentabilité était en 2021 de - 2 %", confie Pascal Rivoire. "Nous sommes pris dans un effet ciseau avec des charges qui ne cessent d’augmenter et des ressources qui proviennent à 90 % de l’État et qui diminuent. Le prix de la prothèse de hanche, par exemple, baisse chaque année depuis dix ans."

L’Hôpital privé des Côtes-d’Armor peut cependant s’appuyer sur un groupe, Vyv (9,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2020), qui regroupe notamment Harmonie Mutuelle, Ecouter Voir, des pharmacies et des cabinets dentaires. "C’est un groupe mutualiste qui voit ses cliniques comme un des services supplémentaires pouvant s’intégrer au "parcours santé" de ses adhérents." Vyv Bretagne pilote la gestion et le développement de 160 établissements et services sanitaires, médico-sociaux et sociaux dans la région et emploie 3 500 collaborateurs.

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