Côtes-d'Armor

Commerce

Point de vue La fatalité commerciale de Saint-Brieuc

Par Julien Uguet, le 14 mars 2019

Avec 229 magasins vides recensés en 2019 par le 9e baromètre exclusif du commerce de centre-ville publié par Le Journal de Entreprises, la préfecture des Côtes-d’Armor se meurt à petit feu commercialement parlant.

L'édito
L'édito — Photo : Le Journal des Entreprises

« C’est cela aussi Saint-Brieuc, accepter une sorte de fatalité commerciale. » Prononcée par un commerçant de la Cité Gentille, cette phrase résume relativement bien le sentiment perçu et vécu par un très grand nombre de Briochins. Un sentiment que je partage pleinement. Avec 229 magasins vides recensés en 2019 par le neuvième baromètre exclusif du commerce de centre-ville publié par le Journal des Entreprises, la préfecture des Côtes-d’Armor se meurt à petit feu.

Julien Uguet, journaliste et responsable d'édition Côtes-d'Armor au "Journal des Entreprises".
Julien Uguet, journaliste et responsable d'édition Côtes-d'Armor au "Journal des Entreprises". - Photo : Séverine Gervois Taquet Photographe

Amis détracteurs, je vous entends déjà crier au « Saint-Brieuc Bashing », que des projets structurants sont en marche pour dessiner le visage de la ville pour les 20 ans à venir et que des boutiques aux concepts novateurs ouvrent tous les mois… oubliant au passage celles qui baissent, dans le même temps, le rideau. Ces arguments, comme autant d’éléments de langage, sont bien rodés. Ils seraient incontestables si la dynamique commerciale était florissante. C’est loin d’être le cas. Saint-Brieuc a mal à son commerce. La ville risque même d’en crever à court et moyen terme.
Pendant trop longtemps, les politiques locaux ont rejeté la faute sur les zones commerciales périphériques pour expliquer ce mal-être qu’ils ne voulaient pas voir. Ils sont pourtant les premiers fautifs de cette situation. En soutenant, par leur statut double d’élus communautaires, l’installation de nouveaux commerces sur Langueux ou Plérin, ils ont contribué à faire bondir, sur la période 2011-2019, le nombre de pas-de-porte vides de 157 % dans le centre-ville de Saint-Brieuc !

En parallèle, des choix urbanistiques parfois déconcertants, qui se résument dans l’esprit du chaland à enquiller, année après année, les travaux, ont fini d’achever la belle Saint-Brieuc. Celle dont on vantait autrefois ses qualités de ville commerçante doit aujourd’hui accepter une fatalité commerciale sur laquelle personne ne semble avoir de prise.

L'édito
L'édito — Photo : Le Journal des Entreprises

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