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Pourquoi Air Marine a choisi d'entrer en bourse

Par Caroline Ansart, le 15 novembre 2017

La PME basée à Léognan est spécialisée dans les prestations aériennes. Elle vient de déposer une demande d'inscription sur Euronext Access.

Photo : DR/ Air Marine

Non, la bourse n’est pas la chasse gardée des entreprises du CAC 40 et, oui, une PME peut avoir intérêt à y être cotée. Le PDG d’Air Marine, Gilles Olichon, en est convaincu, lui qui vient de déposer une demande d'inscription sur Euronext Access. Spécialisée dans les prestations aériennes depuis 25 ans en avion et en drone, la société de Léognan a un plan de vol ambitieux: quintupler son volume d’activité en cinq ans, passer de 2,4 millions d'euros de chiffre d'affaires estimé pour 2017 à 10 millions d'euros en 2020.

Ses clients sont majoritairement de grands comptes (EDF, Airbus, Eiffage…) pour lesquels elle réalise, en France et en Belgique, des inspections d’ouvrages, des études thermographiques, de la topographie, etc.

De l’argent et de la visibilité

Parce qu’elle est “à une période charnière, estime Gilles Olichon au regard des applications à venir dans le secteur, notamment le transport de colis, Air Marine veut être un acteur majeur.” L’entreprise mise donc sur la R&D. Mais la recherche et développement “ça mange du cash” résume Me Pierre Andreau, avocat à la Compagnie juridique, conseil d’Air Marine. Au point que l’entreprise n’espère dégager du résultat qu’en 2019.

Avant de frapper à la porte d’Euronext, elle vient d’augmenter son capital de 584 000 euros de fonds privés. Pas assez pour financer sa conquête du marché européen puis mondial.

Pourquoi ne pas se tourner vers une banque à sa prochaine fringale ? “Parce qu’une banque ça prête et ça exige, répond Gilles Olichon. Nous voulons garder le contrôle, nous avons l’expérience et la preuve que notre business model fonctionne.”  Hors de question d’en changer.

Pourquoi pas du crowdfunding alors ? “J’aime l’idée que des gens qui ne sont pas du milieu de l’entreprise y investissent. Mais il nous faut du volume, donc une organisation dédiée et de la notoriété.”

“Le crowdfunding, une version dégradée de la bourse”

Le crowdfunding serait donc pour les “petits joueurs”. “Pour nous c’est une version dégradée de la bourse, explique Axel Champeil, le PDG de Champeil Asset Management, seul listing sponsor du Sud-Ouest. Réussir sa campagne signifie qu’on a tout pour séduire des investisseurs privés, autant aller en bourse. Parce qu’une fois cotée, l’entreprise peut très facilement et régulièrement lever des fonds.” Reste à sauter le pas...

C’est le conseil juridique qui a soufflé l’idée au PDG. “Le private equity essaie de contrôler l’entreprise ; une banque regarde les résultats d’aujourd’hui et le passé, alors que la bourse mise sur l’avenir et regarde la valeur”, avance Me Andreau. Air Marine a un résultat négatif, mais “a doublé sa valeur en moins de deux ans, imaginez ce qu’elle sera en 2020...”

Le prix à payer, c’est la transparence. “Cela ne me fait rien, sourit Gilles Olichon. C’est presque dans notre ADN de communiquer.”

Air Marine espère récolter rapidement 250 000 euros et vise 1,5 million d'euros dans les 12 mois. Pour passer sur Alternext le plus vite possible.

L’entreprise serait la 4e PME de Nouvelle Aquitaine à entrer en bourse cette année. L’an dernier elles étaient trois. La démarche effraie encore beaucoup. “Pourtant il existe des tas de schémas pour les PME, défend Axel Champeil. C’est un bon moyen d’aller chercher de l’argent ; la transparence rassure les investisseurs - à l’heure où les politiques encouragent les épargnants à investir - et encourage la société à se structurer, ce qui est un gage de crédibilité pour les actionnaires et les partenaires.”

Photo : DR/ Air Marine

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