Rhône

Santé

Valérie Poinsot : ses 30 premiers jours à la tête des Laboratoires Boiron

Par Audrey Henrion, le 04 février 2019

Elle a pris la direction générale des laboratoires Boiron le 1er janvier. Alors que la Haute autorité de santé s'apprête à évaluer l’efficacité des médicaments homéopathiques, la nouvelle directrice générale estime que la croissance du groupe (3 400 salariés, CA 2018 : 604 M€) sera portée par l'Asie, tandis que l'Europe pourrait connaître des années « plus difficiles ».

Valérie Poinson, DG de Boiron.
« Quand Christian Boiron était aux manettes, l’accélération de la demande s'opérait en Europe, analyse Valérie Poinsot, nouvelle directrice générale des laboratoires Boiron. Elle s'est déplacée en Asie, tandis que l'on risque d’avoir des années plus difficiles en Europe. » — Photo : DR

Elle succède « en douceur », assure-t-elle, à Christian Boiron, ce pharmacien aux manettes de l’entreprise familiale depuis les années 1970. Valérie Poinsot, formée en gestion et marketing, a calé son métronome sur un rythme « crescendo » durant son premier mois.

Une façon, pour la dirigeante, à la tête de 3 400 salariés dont 2 500 en France (CA 2018 : 604 M€), de ne pas rajouter de tension. Les laboratoires Boiron sont en effet au cœur d’une polémique, lancée en juin par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, demandant à la Haute autorité de santé (HAS) d’évaluer l’efficacité des médicaments homéopathiques. Le verdict pourrait remettre en cause leur remboursement. Alors que la décision était annoncée pour février, le dossier est au point mort : la HAS attend la publication d’un décret l’autorisant à évaluer les médicaments non allopathiques. Le verdict est attendu en juillet. « C’est long, souffle Valérie Poinsot, il faut tenir toutes les étapes ».

Présentation aux 800 salariés lyonnais

Durant sa « semaine 1 », la nouvelle DG s’est entourée d’un comité de direction de dix personnes (« quatre femmes, moi compris, et six hommes ») représentant toutes les entités de l’entreprise, de la finance aux RH, jusqu’aux relations avec les professionnels de santé. Procédant par cercles concentriques, elle a, en « semaine 2 », réuni tous les directeurs du groupe, « soit une soixantaine de personnes » pour réaffirmer les orientations stratégiques, les enjeux et points de vigilance.

Enfin, quelques jours avant la publication du chiffre d’affaires 2018 (le 24 janvier), l’auteur d’un guide de management au féminin Wonder women, dîtes oui à vos pouvoirs (Cherche Midi, 2015), s’est « présentée » aux 800 salariés de Lyon. « J’ai rappelé notre exigence sur la qualité de nos formules, la qualité de nos produits, fabriqués à 100 % en France. »

« Aujourd'hui, Boiron est outillé pour livrer le monde entier. »

À cette occasion, Valérie Poinsot a perçu une « équipe production un peu sous tension ». D’autant que les capacités industrielles ont été doublées sur le site de Messimy (Rhône), passé d’un terrain de 16 à 32 hectares, avec une zone de stockage renforcée sur le nouveau site logistique des Olmes.

Outillé pour le monde entier

« On est outillé pour livrer le monde entier, aussi bien en Amérique du Nord qu’en Asie », où l’activité de Boiron a démarré en septembre 2018 à Hong Kong, Shanghai et Taïwan. Les chiffres du dernier trimestre (Asie et autres pays +44,4 %, Amérique du Nord +34,7 %, à taux constants dans les deux cas) confortent la dirigeante.

Avec l’ouverture de nouveaux marchés loin des sites de production français, l’outil industriel devient clé. « Il doit être agile et s’adapter à des variations importantes de volumes », indique Valérie Poinsot, rappelant qu’en 2018 « Boiron n’a pas pu répondre à tout ». « La fluidité dans la production et la supply chain » figurent dans le Top 3 de ses points de vigilance. Et pour cause. « Quand Christian Boiron était aux manettes, analyse-t-elle, l’accélération de la demande venait d’Europe. Elle s’est déplacée en Asie, tandis que l’on risque de rencontrer des années plus difficiles sur le Vieux Continent. »

En France, au dernier trimestre 2018, l'activité accuse une baisse de 5,3 % de son CA. Et -10,3 % en Europe. Les résultats annuels sont attendus le 13 mars.

Valérie Poinson, DG de Boiron.
« Quand Christian Boiron était aux manettes, l’accélération de la demande s'opérait en Europe, analyse Valérie Poinsot, nouvelle directrice générale des laboratoires Boiron. Elle s'est déplacée en Asie, tandis que l'on risque d’avoir des années plus difficiles en Europe. » — Photo : DR

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