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Interview Stéphan Euthine (France Esports) : « Asseoir LDLC-OL comme le premier club formateur en e-sport de France »

Entretien avec Stéphan Euthine, directeur de la filiale LDLC Event et président de l’association France Esports

Propos recueillis par Cyril Michaud - 10 février 2020

Le groupe lyonnais de distribution de matériel informatique LDLC a fusionné son équipe de e-sport (sport électronique) avec celle de l’Olympique Lyonnais de Jean-Michel Aulas. Le club de basket-ball Asvel pourrait, lui, former des compétiteurs e-sport au sein de la Tony Parker Adequat Academy. Le point avec Stéphan Euthine, directeur de la filiale LDLC Event et président de l’association France Esports.

" Nous nous situons dans le top 3 des meilleures équipes françaises, avec notamment un titre de champion de France sur League of Legends, " souligne Stéphan Euthine, directeur de la filiale LDLC Event et président de l’association France Esports.
" Nous nous situons dans le top 3 des meilleures équipes françaises, avec notamment un titre de champion de France sur League of Legends ", souligne Stéphan Euthine, directeur de la filiale LDLC Event et président de l’association France Esports. — Photo : LDLC Events

LDLC et l’OL ont décidé de fusionner leurs équipes d’e-sport. Pourquoi un tel rapprochement ?

Stéphan Euthine : Les visions se sont rapprochées autour de stratégies communes : l’équipe LDLC parie sur un nouveau format dans l’e-sport, la territorialisation, en installant une équipe dans la région lyonnaise. De son côté, OL Groupe a l’ambition d’aller au-delà de l’identité locale et désire se lancer sur des projets d’envergure nationale, voire internationale. Nous avons donc signé un accord en début d’année entérinant la fusion des deux structures. L’équipe s’appelle désormais LDLC - OL. Ma filiale récupère la gestion des joueurs et l’OL va s’occuper de la commercialisation de l’équipe, sponsoring et droits marketing.

Une équipe d’e-sport se gère-t-elle comme un club de foot ?

Stéphan Euthine : Absolument. Nous disposons d’un budget annuel - confidentiel - qui nous permet d’acheter des joueurs. Actuellement, 18 sont sous contrat. Nous nous situons dans le top 3 des meilleures équipes françaises, avec notamment un titre de champion de France sur League of Legends obtenu l’année dernière. Notre modèle de club est orienté vers la détection et la formation de joueurs. Au premier trimestre, nous allons d’ailleurs inaugurer un centre de formation.

Quels sont les objectifs de ce centre ?

Stéphan Euthine : Détecter des joueurs et proposer un cursus « e-sport études », via un partenariat signé avec la Tony Parker Adéquat Academy à l’été 2019. Nous voulons sécuriser le parcours scolaire des joueurs en leur faisant passer le bac, tout en les formant à devenir de futurs champions. Notre première étape vise à stabiliser le modèle économique du club au niveau territorial qui nous permettra, comme l’a fait l’OL, d’attaquer ensuite l’international. En France, il y a aujourd’hui un peu plus de 2 millions de compétiteurs. Hors éditeurs de jeux - qui ne communiquent pas leurs chiffres - le marché de l’e-sport est supérieur à 25 M€. Au niveau mondial, les primes en « cash » des meilleurs joueurs atteignent le million d’euros.

Pourquoi avoir lancé une levée de fonds ?

Stéphan Euthine : Nous recherchons des investisseurs pour nous développer. Nous avons un palier qui se situe entre 3 et 5 millions euros et qui va nous permettre d’asseoir complètement LDLC - OL, comme le premier club formateur de France. Nous investissons à la fois dans des infrastructures et un écosystème e-sport afin de développer la communauté de supporters du club, la résonance communautaire, la billetterie, etc.

Car l’e-sport, comme une rencontre sportive, peut se suivre en direct…

Stéphan Euthine : En effet, des rencontres régulières de e-Ligue 1 sur Fifa sont diffusées sur internet et retransmises en direct commenté. Des chaînes comme YouTube et Twitch sont les principaux agrégateurs d’e-sport. En revanche, il n’y a pas encore de Fédération e-sport en France, même si France E-sports, l’association que je préside et qui œuvre pour la promotion et le développement des sports électroniques, se rapproche de ce modèle.

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