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Point S franchit la muraille de Chine

Par Pierre Tiessen, le 09 janvier 2020

En partenariat avec le shanghaïen Suremoov, le réseau Point S pose un pied sur le premier marché automobile mondial. L’enseigne lyonnaise, spécialiste du pneu et de l’entretien auto, place la barre haut et vise 5 % du marché local à moyen terme.

Cette percée en Chine parachève la stratégie asiatique de Point S, lancée il y a 3 ans en Malaisie, en Inde, en Indonésie et aux Philippines, et plus récemment à Singapour
Cette percée en Chine parachève la stratégie asiatique de Point S, lancée il y a 3 ans en Malaisie, en Inde, en Indonésie et aux Philippines, et plus récemment à Singapour. — Photo : Point S

Après des années d’hésitation, Point S s’offre (enfin) la Chine. Le réseau lyonnais, spécialiste mondial du pneu et de l’entretien, s’attaque, en tandem avec le shanghaïen Suremoov*, à cet empire de l’automobile dont le parc roulant actuel est évalué à 200 millions de véhicules et devrait doubler d’ici à dix ans… « Le potentiel est gigantesque », confirme Christophe Rollet, directeur général de ce réseau de franchises qui génère plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires (dont 470 millions en France). « La Chine est notre plus important relais de croissance à venir. Nous visons 2 000 points de vente sous franchise d’ici 2026 et 5 % de parts de marché à moyen terme ». Du lourd donc.

Point S à la recherche de franchisés en Chine

Mais pas question pour l’enseigne lyonnaise de griller les étapes. Sur ce lointain et très fragmenté marché, Point S opte dans l’immédiat pour la politique des petits pas. Et teste, avec son partenaire local - à la tête d’un réseau déjà constitué de 950 magasins –, deux premières entités communes à Foshan, dans l’extrême sud du pays, à quelques encablures de Shenzhen. « Nous devons rester très pragmatiques dans notre stratégie chinoise. Personne ne nous connaît pour l’instant », reconnaît le président de Point S.

Cette phase de lancement devrait permettre au nouveau binôme d’évaluer la demande locale et de cartographier les zones de déploiement prioritaires sur ce pays-continent, grand comme vingt fois la France. « Notre feuille de route prévoit ensuite d’aller chercher nos franchisés parmi les 400 000 réparateurs indépendants que compte actuellement la Chine », détaille Christophe Rollet. Un vivier immense et très peu ouvert (encore) à la franchise. « C’est notre chance », poursuit-il. « Nous sommes les premiers à tenter une telle offensive sur ce marché. »

« Nous sommes les premiers à tenter une telle offensive sur ce marché. »

Confiante, l’enseigne lyonnaise – qui pilote un réseau de 4 300 points de vente dans 38 pays – entend faire profiter à son partenaire shanghaïen de son expérience en matière de gestion et de synergies d’achats. En échange, Suremoov pourrait partiellement passer sous les couleurs de Point S. Un deal équilibré qui devrait également permettre au Lyonnais de monter en compétence sur la réparation de modèles électriques, de type trottinettes et scooters, l’une des spécialités de Suremoov. « Dès cette année, nous allons former l’ensemble de nos enseignes en France à ces nouveaux services », révèle le dirigeant qui se réjouit par ailleurs d’être désormais à proximité de nombreux fournisseurs chinois du groupe. « C’est important de pouvoir établir des liens plus forts avec tous ces contacts et de leur montrer que l’on existe aussi sur leur propre marché », appuie-t-il.

Un partenaire stratégique

La Chine, nouvel accélérateur de Point S… Cette percée parachève en tout cas la stratégie asiatique de l’enseigne, lancée il y a trois ans en Malaisie, en Inde, en Indonésie et aux Philippines (et plus récemment à Hong Kong et Singapour) ; un ensemble de pays où elle compte pour l’heure une trentaine de magasins. Or, il aura fallu tout ce temps à Point S pour identifier son partenaire chinois. Les raisons d’un tel tâtonnement ? « Nous ne voulions surtout pas faire le mauvais choix. Avant de signer avec Suremoov – partenaire de Point S au sein d’une structure commune (joint venture) dans laquelle l’enseigne lyonnaise est actionnaire à hauteur de 20 % –, nous avons eu de nombreuses tractations avec des fonds d’investissement locaux et des réseaux existants. Mais aucune n’a abouti faute de vision commune », raconte Christophe Rollet dont les critères de sélection sont, reconnaît-il, « assez stricts ». L’enjeu est de taille : Point S va en effet déléguer le management de son futur réseau chinois à son partenaire. « C’est une habitude : nous nous appuyons toujours sur notre référent local qui connaît parfaitement le marché ». Ce dernier doit donc être solide et parfaitement en phase avec la stratégie du groupe lyonnais.

Cette croissance en Extrême-Orient s’accompagne également de nouvelles ouvertures en Afrique (au Cameroun et en Côte d’Ivoire récemment), et en Amérique du Nord (plus de 600 points de vente au total). Pour accompagner ce déploiement, le groupe s’est structuré autour de grandes zones géographiques – Europe, Amérique du Nord, Afrique, Asie – chapeautées chacune par un représentant interne au groupe. Celui en charge du continent asiatique – qui inclut donc la Chine – est basé à Singapour. « Il est évidemment d’origine chinoise », sourit son directeur général.

Cette percée en Chine parachève la stratégie asiatique de Point S, lancée il y a 3 ans en Malaisie, en Inde, en Indonésie et aux Philippines, et plus récemment à Singapour
Cette percée en Chine parachève la stratégie asiatique de Point S, lancée il y a 3 ans en Malaisie, en Inde, en Indonésie et aux Philippines, et plus récemment à Singapour. — Photo : Point S

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