Haute-Savoie

Textile

Neo met les bouchées doubles pour former ses salariés

Par Marie-Amélie Mine, le 01 décembre 2022

Face à la pénurie de main-d’œuvre spécialisée et aux difficultés de recrutement, l’entreprise savoyarde Neo, qui développe et produit du matériel spécialisé pour parapentes a décidé de se tourner vers la région pour l’aider financièrement à former ses couturières en interne.

Neo s’apprête à doubler la taille de son atelier de confection.
Neo s’apprête à doubler la taille de son atelier de confection. — Photo : NEO

La confection des assises et des voiles de parapentes demande tout un savoir-faire pour garantir à ceux qui s’adonnent à ce sport de haut vol un maximum de sécurité et la légèreté nécessaire à leur bon équilibre dans les airs. C’est dans l’optique de former ses couturiers à cette production de pointe que l’entreprise savoyarde Neo (26 salariés ; 4 M€ de CA en 2022), qui conçoit, fabrique et commercialise du matériel spécialisé pour le parapente (sellettes, voiles) et des sacs à dos grand public, a demandé et reçu une aide de 32 787 euros de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Former les couturières à la fabrication du matériel de pointe

"La fabrication de notre matériel est assez particulière car personne ne fait cela en France ; les couturières que nous recrutons ne sont pas spécialisées là-dedans à l’origine et elles ont généralement besoin de 6 à 8 mois pour être formées et pleinement opérationnelles. Chaque recrutement demande donc un investissement important", explique Mathias Francou, directeur technique de Neo, qui ajoute que la formation a lieu en interne, par transmission d’une couturière à l’autre. Il y a dix ans, lors de la création de la marque, le fondateur et président de Neo Eric Roussel fait le pari d’une production 100 % française et installe le premier atelier de la marque à Doussard, haut lieu du parapente dans la région d’Annecy. Un beau défi que l’entreprise a su relever, en doublant son chiffre d’affaires entre 2018 et 2021 (passé de 1,7 M € à 3,5 M€). Mais qui représente aussi un challenge du point de vue du recrutement.

Des difficultés à recruter

"Notre plus gros frein pour le moment est notre capacité de production", poursuit Mathias Francou, qui estime que le coût de l’immobilier dans la région d’Annecy complique le recrutement de profils dédiés à la production. La marque de matériel de parapente n’a pourtant pas baissé les bras, puisqu’elle compte embaucher deux nouvelles couturières d’ici la fin de l’année et 4 ou 5 autres recrues en 2023. "Nous allons doubler la taille de notre atelier l’an prochain pour faire face à la hausse de la demande et envisageons de monter à 25 personnes en production à horizon trois ans, contre 16 actuellement", poursuit Mathias Francou.

Neo compte de nouveau faire appel à l’aide de la Région pour l’aider à recruter de nouvelles couturières l’an prochain, toujours dans le cadre du Plan de relocalisation, destiné à reconquérir la souveraineté industrielle régionale, adoptée en décembre 2021 et mobilisant 1,2 milliard d’euros sur six ans. "Nous sommes parvenus à assumer nous-mêmes les frais de formation jusqu’à présent, mais nous avons lancé une nouvelle gamme de produits en 2022 (des sacs à dos grand public), qui comprend 19 nouveaux modèles et il était donc devenu difficile de supporter seuls le coût de la formation", poursuit le responsable développement.

Une nouvelle gamme de sacs à dos made in France

La société, qui possède une double activité de distribution exclusive de deux marques de parapentes (la marque coréenne, Gin Gliders et l’allemand Skywalk) et la confection de matériel haut de gamme, a lancé cet automne lors du Salon made in France des sacs à dos, uniquement disponibles à la vente en ligne.

"En France, il y a beaucoup de maroquinerie en cuir produite localement mais il y a peu de bagageries textiles. Nous avons voulu utiliser nos compétences de couture techniques et nous lancer dans la vente en ligne où les marges sont moins serrées qu’en distribution directe", termine le directeur technique.

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