Isère

BTP

Lignoroc transforme les rebuts de scierie en béton

Par Déborah Berthier, le 15 janvier 2021

La société Lignoroc a mis au point un béton de bois destiné à la construction de maisons préfabriquées. Très écologique, il répond aux exigences de la future norme thermique du secteur du bâtiment, la RT 2020. Et intéresse donc déjà nombre d’acteurs. Pour faire face à cette demande, l’entreprise souhaite investir 10 millions dans un nouveau site à Beaurepaire (Isère).

Lignoroc a trouvé son modèle économique : la vente de béton de bois (granulats) à des préfabricants (constructeurs de murs, de dalles).
Lignoroc a trouvé son modèle économique : la vente de béton de bois (granulats) à des préfabricants (constructeurs de murs, de dalles). — Photo : Lignoroc

Les créateurs

Dans une autre vie, François Cochet a dirigé durant plus de trente ans l’une des plus grosses scieries de France. Le Bois du Dauphiné, dans le Grésivaudan. À partir des années 2 000, le marché de la pâte à papier -qui servait jusqu’alors de débouché au bois de trituration - se tasse, à mesure que le papier recyclé se démocratise. François Cochet se met alors en quête d’un nouveau débouché pour les rebuts de la scierie et commence à développer un béton de bois. Avec son neveu, Laurent Nocca, aujourd’hui directeur technique de la société, il expérimente différentes formulations. Dès 2006, la société Lignoroc est créée. À partir de 2015, elle commercialise des maisons clé en main. Mais c’est en 2019, à l’arrivée de Rémi Ischia, aujourd’hui directeur général, qu’elle trouve son modèle économique : la vente de béton de bois (granulats) à des préfabricants (constructeurs de murs, de dalles).

Le concept

« Le béton de bois n’a rien de nouveau », rappelle Rémi Ischia. Il existe depuis une quarantaine d’années et est notamment utilisé pour la fabrication des murs antibruit. Mais celui développé par Lignoroc présente des propriétés bien particulières. « Son bilan carbone est négatif », explique le DG. Alors que la fabrication d’un mur en béton traditionnel d’un mètre carré sur 20 cm d’épaisseur émet 70 kg/Co2, le même mur en béton de bois stocke 50 kg/Co2. « Notre matériau répond ainsi aux exigences de la RT 2020 », nouvelle norme thermique qui entrera en vigueur en 2021 et qui pose d’avance bien des difficultés aux professionnels du bâtiment. Ce béton de bois a également la particularité d’être structurel, c’est-à-dire qu’il permet de construire des bâtiments à étages. Il est aussi antifeu et antisismique. Et présente des propriétés particulièrement isolantes. « Notre solution est au prix du marché de la préfabrication », tient aussi à souligner Rémi Ischia.

Les perspectives

La société qui vient de commercialiser ses deux premières licences à des préfabricants voit grand. Si ses résultats sont pour l’heure encore modestes (500 000 euros de CA en 2019) , elle entend les doubler dès l’an prochain. Lignoroc s’apprête également à quitter Cheylas, son siège actuel, pour Beaurepaire, où la société projette de bâtir de nouveaux locaux. En cours de montage, un prêt de 10 millions d’euros d’investissement pour ce nouveau site de production de granulats et une nouvelle usine de préfabrication. D’ici deux ans, l’entreprise devrait passer de 7 à 30 salariés avec pour objectif d’atteindre un effectif de 60 à l’horizon 2023.

Lignoroc a trouvé son modèle économique : la vente de béton de bois (granulats) à des préfabricants (constructeurs de murs, de dalles).
Lignoroc a trouvé son modèle économique : la vente de béton de bois (granulats) à des préfabricants (constructeurs de murs, de dalles). — Photo : Lignoroc

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