Lyon

Politique économique

La méthode frugale de Lyon Métropole pour soutenir les entreprises

Par Audrey Henrion, le 12 novembre 2020

Lyon Métropole a présenté jeudi 12 novembre les mesures d’urgences déployées en faveur des petites entreprises et commerces frappés par ce second confinement. Le "plan" s’appuie principalement sur un soutien financier accordé aux corps intermédiaires, syndicats, fédérations et associations professionnels, considérés par la collectivité comme les premiers interlocuteurs des chefs d’entreprise.

En 2017, 103 entreprises se sont implantées sur le territoire de l’Aderly, contre 110 en 2016.
En 2017, 103 entreprises se sont implantées sur le territoire de l’Aderly, contre 110 en 2016. — Photo : Louis Falcoz

Surtout, ne pas rajouter une couche au mille-feuille des aides d’urgence. Déjà, le précédent exécutif avait voté au printemps dernier l’exonération de la cotisation foncière pour les hôtels, restaurants, le secteur du sport, de la culture et de l’événementiel. Une manne de 9,20 millions d’euros offerte sans démarche particulière. Cette fois, la méthode est poussée plus loin. Et passe par l’aide financière versée aux structures faîtières, qui elles-mêmes se mettent à la disposition des entreprises. « On s’appuie sur l’existant, on leur propose d’augmenter leurs effectifs pour mieux aider leurs adhérents », a ainsi expliqué Bruno Bernard, le président EELV de Lyon Métropole. Lundi sera votée la somme de 125 000 euros pour soutenir à hauteur de 25 000 euros la CRESS (chambre régionale d’économie sociale et solidaire), la CCI de Lyon, la CPME, le Medef, et la Chambre des métiers et d’artisanat du Rhône. L’association Entreprises et Numérique percevra 52 000 euros pour aider les commerces à accélérer leur transition digitale, et les structures de management de centre-ville, 50 000 euros. « Certaines structures, l’U2P, la Capeb, le CJD n’ont pas souhaité être aidées, ne se sentaient pas à l’aise avec l’idée d’embaucher pour gérer la crise », précise Émeline Baume, vice-présidente en charge de l’économie, qui précise que lesdites actions conduites seront contrôlées par le comité économique.

Frugalité et sang froid

Frugalité et sang-froid semblent constituer les deux supports de cette gestion de crise. Notamment pour aider les 6 500 commerces de l’agglomération représentant 30 000 emplois. « La meilleure des méthodes selon moi, c’est de s’appuyer sur les opérateurs de proximité, plaide Émeline Baume, vice-présidente déléguée à l’Économie, l’Emploi, au Commerce, Numérique et à l’Achat public chez Métropole de Lyon. Je ne veux pas débloquer 100 % du budget 2021 sur des aides d’urgences, je veux pouvoir structurer « à froid », monter un dispositif solide en phase avec chaque territoire pour anticiper les prochaines difficultés ». L’élue réfléchit aussi à pousser la création de groupements d’employeurs ou des coopératives d’activité et d’emploi (CAE), au sein desquels les commerçants, à l’échelle d’un territoire cohérent, auraient des experts à solliciter sur des domaines tels que la logistique, le marketing, la communication, l’approche client et la logistique. Sur ce dernier point « fondamental pour les commerçants », la métropole veut accélérer le maillage de la livraison du dernier kilomètre.

Plan pluriannuel d’investissement

Le président Bruno Bernard a indiqué que « la métropole est potentiellement en difficulté, avec un impact financier indéniable ». L’homme estime entre + 5 et + 10 % les dépenses d’aides sociales, soit 30 millions d’euros de dépenses supplémentaires en 2020 pour le RSA, et 50 millions d’euros en 2021. « Il faut que le gouvernement entende ces difficultés, car le plan de relance, ce sont les collectivités qui le feront, il sera plus efficace et rapide que le plan de relance du gouvernement, si peu opérationnel ", tacle-t-il. « Nous sommes l’un des principaux acteurs de la commande publique et à ce titre nous avons un rôle à jouer », promet cet ancien chef d’entreprise. La métropole prépare actuellement sa programmation pluriannuelle d’investissements pour ce mandat. Pour mémoire, 3,5 milliards d’euros avaient été votés pour 2015-2020.

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