Drôme

Énergie

Dracula lève 5 millions d’euros pour ses cellules photovoltaïques organiques

Par Marie-Amélie Mine, le 20 septembre 2022

La jeune pousse drômoise, qui conçoit des modules photovoltaïques sur mesure pour alimenter les appareils connectés, a bouclé un financement de 5 millions d’euros, afin d’entamer sa phase d’industrialisation. La construction d’une usine 4.0 à Valence devrait lui permettre de produire 10 millions de panneaux par an d’ici fin 2023.

L’équipe de Dracula Technologies, à Valence.
L’équipe de Dracula Technologies, à Valence. — Photo : Dracula Technologies

Remplacer les piles des objets connectés par des cellules photovoltaïques sur mesure, tel est le défi technologique que la jeune entreprise Dracula Technologies (30 salariés ; 1 M€ de CA) a remporté. Après dix ans de recherches, la start-up de Valence, dans la Drôme, est parvenue à mettre au point des modules photovoltaïques sans silicium, via une technologie fondée sur des encres organiques conductrices. Ces modules permettent ainsi de produire de l’énergie grâce à la lumière, du soleil ou artificielle et ce, dans une quasi-obscurité.

Forte de cette prouesse technologique, protégée par de nombreux brevets, l’entreprise a annoncé le lancement de sa phase d’industrialisation et la construction d’une usine 4.0. Pour la financer, Dracula a réuni 5 millions d’euros auprès de la Banque des territoires, pour le compte de l’État dans le cadre du programme Territoires d’innovation du plan France 2030, du fonds souverain Auvergne-Rhône-Alpes, ainsi que du fabricant de semi-conducteurs Semtech.

Un marché à 1 500 milliards de dollars d’ici 2025

La nouvelle unité de fabrication, dont l’achèvement est prévu pour le printemps prochain, devrait permettre à la deep tech de Valence de produire 10 millions de modules par an dès la fin 2023, contre un peu moins d’un million actuellement. Une montée en puissance destinée à répondre à la croissance exponentielle de l’internet des objets.

Thermostats, capteurs de fumée, capteurs de présence, télécommandes : ces objets ont envahi le quotidien. Selon un rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement de 2021, les objets connectés représenteront un marché estimé à 1 500 milliards de dollars en 2025, soit plus de dix fois sa valeur de 2018. Ce qui ne sera pas sans poser problème du point de vue environnemental : ces équipements intelligents pourraient même devenir la seconde source de pollution dans le monde, selon l’Ademe.

Face à cet enjeu climatique, une directive européenne contraint d’ailleurs les constructeurs à rendre leurs appareils moins gourmands en énergie. Dracula marque des points sur les deux tableaux : en plus de cibler un marché en pleine expansion, la solution que propose l’entreprise se veut durable puisque fondée sur des matériaux écoresponsables et facilement recyclables.

Ambitions à l’international

Dans ce contexte porteur, le président et fondateur de l’entreprise Brice Cruchon vise un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros pour cette année soit une progression de 300 % sur un an, et espère le double pour 2023. Une dizaine de nouveaux employés devraient par ailleurs rejoindre l’équipe actuelle l’an prochain, afin d’accompagner la jeune pousse dans l’accélération de sa production et son internationalisation. Dracula ambitionne de construire deux usines sur le modèle de son site de Valence, aux États-Unis tout d’abord et en Asie dans un second temps.

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