Haute-Savoie

Industrie

Bontaz accélère sa diversification avec un plan d’investissement de 200 millions d’euros

Par Déborah Berthier, le 04 octobre 2022

L’équipementier automobile haut-savoyard Bontaz a engagé un plan de diversification de 200 millions d’euros reposant sur le développement de l’activité sur les marchés des vélos et des voitures électriques et de l’hydrogène. Un virage "indispensable" au regard de la baisse des ventes de voitures thermiques.

Daniel Anghelone, directeur général du groupe Bontaz
Daniel Anghelone, directeur général du groupe Bontaz — Photo : Stephane Cande / Bontaz

Il y a un peu moins d’un an, l'équipementier automobile haut-savoyard Bontaz (270 M€ de chiffre d'affaires en 2021, 4 000 salariés dans le monde, dont 500 en France) annonçait un plan d’investissement de 40 millions d’euros visant à s’engager sur le marché des vélos électriques et à créer un centre technologique dédié à l’innovation et à la R & D. Depuis, le projet de diversification du groupe historiquement spécialisé dans les systèmes hydrauliques pour les véhicules thermiques a pris de l’ampleur. "Il s’inscrit dans un plan global de 200 millions d’euros à l’horizon 2030", explique Daniel Anghelone, le directeur général de l’entreprise basée à Marnaz, en Haute-Savoie.

Vélos, voitures électriques et hydrogène

Un plan qui prévoit un développement sur les marchés du cycle, de la voiture électrique et de l’hydrogène. Dans le détail : ce sont finalement 55 millions d’euros, et non 40 millions d’euros, qui seront investis dans le développement d’équipements de vélos à assistance électrique. Un premier prototype de moteur devrait être prêt pour le premier trimestre 2023. Bontaz s’est également lancé dans le développement de freins et d’autres accessoires. "Le marché du vélo connaît de fortes pénuries. Nous avons une place à prendre", appuie Daniel Anghelone.

Dans la voiture électrique, ce sont 70 millions d’euros qui vont être injectés, avec un focus sur les batteries. Et 70 millions d’euros supplémentaires permettront de travailler sur le développement de la pile à combustible pour les moteurs à hydrogène.

Depuis près de deux ans, près des 450 salariés du site de Marnaz sont en chômage partiel deux jours par semaine.
Depuis près de deux ans, près des 450 salariés du site de Marnaz sont en chômage partiel deux jours par semaine. - Photo : Stephane Cande / Bontaz

Quelque 10 millions d’euros par an seront investis chaque année dans la R & D jusqu’à 2030. Un effort important, pour le groupe qui consacre habituellement 4 % de son chiffre d’affaires à l’innovation, soit environ 8 millions d’euros par an. Mais un effort indispensable au vu de la conjoncture sur le marché de la voiture à moteur thermique. "La chute des ventes de voitures thermiques en Europe, et probablement également en Chine, va entraîner une baisse de 50 % à 60 % de notre chiffre d’affaires à l’horizon 2030. Il faut qu’on se réinvente. Nous n’avons pas le choix. Il en va de la pérennité de l’entreprise", plaide Daniel Anghelone.

De 95 % à 33 % de l’activité dans le thermique

Ce plan de diversification sera financé à 40 % sur fonds propres et à 60 % via de la dette. Le groupe Bontaz compte également sur le soutien des pouvoirs publics, par le biais de subventions. Une demande est notamment en cours pour le financement du développement des moteurs de vélos électriques, dans le cadre du plan France 2030.

Aujourd’hui, 95 % de l’activité de Bontaz repose sur le développement et la fabrication d’équipements pour les moteurs thermiques. En 2030, ils ne devraient plus représenter qu’un tiers de cette activité. Un autre tiers devrait être consacré aux véhicules électriques. Et le tiers restant aux vélos à assistance électrique et à l’hydrogène. "Le démarrage des projets sur l’hydrogène est un peu plus lointain, explique le directeur général. Ils ne commenceront vraisemblablement pas avant 2027", et ne représenteront encore qu’une petite part de l’activité à la fin de la décennie.

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