Yves Gléhen : Patron en mutation
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Yves Gléhen : Patron en mutation

Dire qu'Yves Gléhen, patron des chantiers du même nom (46 salariés; CA: 6M€), est né dans l'entreprise familiale est à peine exagéré: «On posait mon couffin sur un établi!», raconte-t-il. Né en 1944 au Guilvinec, il a repris la barre du chantier naval, fondé il y a cent ans par son grand-père, après plusieurs années à travailler dans l'entreprise. «Mon père m'a fait commencer à 17 ans. Je n'ai pas vraiment eu le choix», explique-t-il. Il dit d'ailleurs ne jamais vraiment avoir pensé à faire autre chose. Un devoir d'adaptation Quand il reprend l'entreprise il y a 41 ans, celle-ci ne fait encore que des bateaux en bois, principalement pour la pêche. Le marché de la construction navale est pourtant sur le point de changer assez radicalement. «Je pense avoir assez bien senti le vent tourner», estime Yves Gléhen. Sa vie de chef d'entreprise l'a en effet confronté à de nombreuses mutations. La modernisation de la flotte de pêche dans les années 70, le passage du bois à l'acier, les différentes crises de la pêche... «On a diversifié vers les navires de transports et la réparation représente 30% du chiffre d'affaires.J'ai aussi eu la chance d'avoir des équipes qui ont toujours suivi ces changements stratégiques!», ajoute-t-il. La dernière évolution en date est celle des économies d'énergie. Et là aussi, Yves Gléhen a su anticiper. «J'ai eu un flash. Avec l'augmentation du prix du gasoil, j'ai eu l'idée d'un économètre pour équiper les bateaux.» Il met un ami ancien ingénieur chez EDF dessus. Les essais sont en cours. «On devrait le commercialiser d'ici la fin de l'année.» Le prochain défi d'Yves Gléhen sera sans doute celui de la transmission du chantier. Mais pour l'instant, la passion est toujours là. «Vous ne faites pas ce métier si vous n'êtes pas passionné. Ce n'est pas possible!»

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