Si Yann Jallu a embauché deux salariés il y a six mois, c'est que l'ébénisterie art déco, son créneau, marche bien. En effet, cet ancien compagnon du devoir, passé par la case ?États-Unis? il y a quelques années, a décidé de s'installer à son compte en France, en 2006.
Labellisé ?Entreprise du patrimoine vivant ?
Depuis, il fabrique, à Sens-de-Bretagne, du mobilier art-déco sur-mesure, et sur commande. Son marché? Essentiellement des professionnels: architectes d'intérieur, décorateurs parisiens ou étrangers. 50% de son chiffre d'affaires part en effet vers la Russie. Et Yann Jallu n'entend pas s'arrêter là. Il espère orienter encore davantage son entreprise vers l'étranger, notamment grâce à un label délivré par l'État: ?Entreprise du patrimoine vivant?. Ce label aide les entreprises françaises qui ont un savoir-faire spécifique à promouvoir leur activité à l'étranger. «Je prépare des missions économiques pour cette année, prévoit Yann Jallu. Mais avant, j'attends de voir les retombées en Russie. Si ça marche, j'irai à Dubaï». Ce qu'exporte Yann Jallu, c'est l'art de vivre à la française. Mais avec un avantage, selon lui: «la manière de travailler à l'américaine. C'est-à-dire que je suis au service de mes clients totalement. Mon téléphone est allumé tout le temps, jour et nuit, même le week-end. Cela procure une réactivité dans les devis, l'envoi d'échantillons».
De gros chantiers
Un service haut de gamme pour des meubles haut de gamme. Yann Jallu ne fait pas de meubles en série. Il ne travaille que sur commande, pour copier souvent du mobilier art-déco très cher. Je travaille des matériaux de qualité, en espérant que ces beaux meubles que je fabrique seront les antiquités de demain!» En tout cas, pour décrocher des chantiers, pas besoin de démarcher. D'ailleurs, l'ébéniste préfère se concentrer sur de gros projets. Pas question de réparer des chaises pour les particuliers. «Par exemple, nous refaisons des appartements en entier. En ce moment, je me concentre sur un gros client russe, qui va nous apporter six mois de travail», explique Yann Jallu. Pour offrir ses services à 100%, l'ébéniste va sur le terrain, que ce soit à Paris ou à Moscou... «Pour décrocher des chantiers, il faut y aller!», insiste cet artisan français qui a une autre corde à son arc: il parle couramment anglais. Et oui, dans le milieu, pour exporter, c'est essentiel.
Ancien Compagnon du devoir, Yann Jallu est ébéniste à Sens-de-Bretagne. Après une carrière aux États-Unis, il s'est installé en France pour fabriquer des meubles en style art déco. Et ça s'exporte!