Wind-it : L'éolienne qui fait souffler les pylônes
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Wind-it : L'éolienne qui fait souffler les pylônes

Innovation Accrocher des éoliennes aux poteaux électriques: personne n'y avait pensé jusqu'à l'illumination d'ingénieurs et de designers français.

Rares sont les éoliennes qui naissent dans les bocages sans faire hurler une partie des habitants. Or, les mêmes habitants exigent rarement de démonter les pylônes électriques, également peu élégants, qui hérissent déjà le territoire français: un demi-million de pylônes recensés. Pourquoi alors ne pas s'en servir? Cette question a fait son chemin dans le cerveau de Raphaël Ménard, directeur d'Elioth (Paris), l'une des équipes de recherche du groupe d'ingénierie Egis. Un jour de 2006, cet ingénieur de 36 ans a sorti un carnet de sa poche et dessiné une éolienne à axe vertical, greffée au coeur d'un pylône électrique.




Attraper le vent là où il est

Raphaël Ménard s'est alors tourné vers les designers du collectif ?Encore heureux ?qui lui ont dessiné trois modèles de pylônes-éoliennes, baptisés Wind-it. Reliés entre eux par séries - on dit en ?grappage?- les Wind-it permettent de réintroduire dans le réseau l'électricité produite. Leur dispersion sur le territoire a pour avantage d'attraper le vent là où il est. D'après Raphaël Ménard, équiper un tiers des pylônes français permettrait de générer annuellement environ 15milliards de kWh, soit l'équivalent de la production de deux tranches nucléaires. Seulement, les dits pylônes ont été conçus pour porter des câbles, pas des machines en acier de plusieurs tonnes. Les ingénieurs d'Elioth se sont donc concentrés sur la création d'un nouveau pylône: une structure en acier de 50 mètres de haut, au coeur de laquelle serait intégrée une éolienne de 200kW de puissance. «C'est une sorte de deux en un qui rend la machine bon marché», explique Raphaël Ménard. Mais planter un pylône à haute tension est moins fréquent que planter des choux. En France, le renouvellement du parc existant se limite à une centaine par an. À l'étranger pourtant le Wind-it séduit. En mai2010, le projet a reçu, à New York, le premier prix du concours Metropolis Next Generation Design Competition, organisé sur le thème de l'énergie. Et à la fin 2010, on apprenait que le Bhoutan était particulièrement intéressé par Wind-it afin d'accélérer sa transition vers l'autonomie énergétique.




Faute de soutiens français, ils se tournent vers l'étranger

C'est Gunter Pauli, ancien patron d'Ecover et conseiller en développement durable du petit Royaume, qui porte ce projet à travers son centre de recherches ZERI (Zero Emissions Research and Initiatives). Faute de soutiens tricolores, l'éolienne du futur pourrait donc pousser dans des champs bien plus lointains.

Elioth



Date création: 2003 Effectif: 35 CA: 5M€ www.elioth.com www.encoreheureux.org

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