Supairvision devrait augmenter ses activités en France, dans les prochains mois. C’est ce qu’anticipe Sébastien Arnould, le PDG et fondateur de la start-up spécialisée dans l’inspection des éoliennes par drone. À l’été 2025, Supairvision (20 salariés ; CA : 1 M€) a obtenu la certification française Qualifoudre, habilitant l’entreprise à réaliser des inspections sur les chemins de foudre de pales d’éoliennes. "Nous sommes la première entreprise utilisant des drones à avoir obtenu ce label. C’est une technique à la fois plus rapide, sécurisée et moins couteuse : pour l’instant, nous n’avons pas encore de concurrents utilisant des drones, nous pensons avoir une fenêtre d’opportunité", lance Sébastien Arnould.
Basée près de Troyes, dans l’Aube, l’entreprise Supairvision mène des opérations d’inspection et produit des rapports à partir des données récoltées sur les éoliennes. L’entreprise regroupe plusieurs types de drones, ainsi qu’une solution cloud pour la maintenance de ces appareils, à destination des opérateurs d’énergie éolienne. Volta, qui est le drone spécialisé dans l’inspection des chemins de foudre, représente près de la moitié de l’activité de la start-up, qui réalise environ 2 000 inspections par an au total.
Un marché de 10 000 turbines
"L’État demande que les éoliennes soient vérifiées sur leur chemin de foudre. Cette intervention doit être réalisée par une entreprise certifiée Qualifoudre", explique Sébastien Arnould. Le parc éolien français compte près de 10 000 turbines installées sur son territoire. La foudre serait responsable "d’environ 30 % des défaillances de pales", d’après la start-up.
L’inspection du chemin de foudre permet dès lors de mesurer la résistance électrique du chemin entre le récepteur de la pale et la terre, afin de garantir que la décharge sera correctement redirigée vers la terre. Si la réglementation française concernant ces inspections est encore "peu connue, suivie et contrôlée", "les exploitants sont contraints de fournir un rapport à partir du moment où la Dreal (Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) le leur demande", poursuit le dirigeant.
Sept mois de travail
Pour obtenir cette certification, l’entreprise a participé à des formations certifiantes auprès de l’INERIS (Institut national de l’environnement industriel et des risques), qui délivre la certification. Plus encore, l’entreprise a réalisé une étude approfondie de la réglementation et de la réponse technique que Supairvision pourrait apporter. Enfin, un audit du matériel et des pratiques a été entrepris. "C’était un processus lourd, qui s’est étalé sur sept mois. Nous estimons avoir 6 mois à un an d’avance sur la concurrence, qui n’a pas encore engagé ce travail, à notre connaissance", souffle Sébastien Arnould.
Viser l’international
Supairvision possède une équipe de trois personnes au Brésil, et emploie une ingénieure en Chine. "Nous voulons nous appuyer sur cette certification pour développer nos activités à l’international. Le fait d’avoir le tampon de l’État français est une étape forte, même à l’étranger", poursuit-il. En mai 2024, la start-up annonçait lancer une levée de fonds de 3,5 millions d’euros, dans l’objectif de se développer à l’international. Cette dernière est toujours en cours. "La France représente 3 % du marché éolien mondial. La Chine en représente près de 40 %, et les USA, 18 %. Ce sont nos deux principales cibles, même si nous n’oublions pas la France", vise Sébastien Arnould.