Si une seule qualité devait résumer Haiat Menkoucha, ce serait sans l'ombre d'un doute la persévérance. Il aura en effet fallu huit ans de procédures, de dépôt de brevet, de démarches administratives complexes et répétées et de batailles juridiques pour que la chef d'entreprise parvienne à lancer officiellement ce mois-ci son site web de jeu baptisé "Wallfo", pour "We are all for one". La raison de cette attente interminable vient sans doute du concept même du site, qui propose en effet aux joueurs de parier sur l'indice de clôture du Cac 40. «Cette idée remonte à 2003, lorsque nous avons voulu, avec Nabi Djellal, vendre notre hôtel en loterie, explique Haiat Menkoucha. Cet établissement était situé en Lozère et était par conséquent assez difficile à vendre. La loterie nous semblait une solution à la fois originale et efficace...» Oui mais voilà, la loi est rapidement venue leur rappeler que la loterie est monopole d'État. «C'est là que notre combat a commencé, sourit la créatrice. En nous penchant sur les textes, nous avons en effet conclu qu'il y avait de la place pour une initiative privée, dès lors que l'on enlevait de l'équation le facteur "hasard". Or, nous avons considéré que le cours de l'indice boursier, lui, ne relevait pas du hasard».
Modèle économique
Un postulat qui, selon Haiat Menkoucha, n'a pas immédiatement été partagé par la Française de Jeux: « Nous nous sommes appuyés sur les compétences de juristes, afin de déterminer si nous étions oui ou non dans notre bon droit. Il ne s'agissait pas pour nous d'une bagarre, mais plutôt d'une aventure. Nous nous sommes tout simplement dits: "Si les textes le permettent, pourquoi ne pas le faire?"». Une fois son modèle validé, la société, qui s'est entre-temps rapprochée de l'Autorité des marchés financiers, a bâti son cadre économique. «La mécanique est simple, estime Haiat Menkoucha. Schématiquement, si 300 personnes misent chacune 5 € sur un produit à 1.000 €, nous réalisons 500 € de marge. Nous avons ainsi contracté des partenariats avec plusieurs fournisseurs, comme Philipps France ou Piaggio, ce qui nous permet de proposer à la fois des lots en nature et du cash. Pour les joueurs, il y a une chance sur 300 de gagner. Et lorsque notre panel d'inscrits sera plus large, nous pourrons imaginer, tout en conservant le même modèle, de mettre en jeu des produits plus luxueux, comme des bateaux, par exemple...»
Wallfo
Marseille Haiat Menkoucha Effectif: 4 www.wallfo.fr