Entre les deux protagonistes de «l'affaire» Wall street institute (WSI) de Normandie les versions exposées sont aux antipodes l'une de l'autre. Porté devant le Tribunal de commerce de Rouen, le conflit qui oppose Éric Dumont (franchisé Normandie) et Nathanaël Wright (master franchisé France) semble, de prime abord, concerner une menace de fermetures des établissements normands avec un master franchisé qui chercherait«à intégrer l'ensemble des franchises dans sa société», explique Éric Dumont, président de WSI Normandie. Selon lui, il existe un conflit entre le master franchisé et les franchisés. Un master franchisé qui détient 16 des 70 centre WSI ouverts en France, et la moitié des 40M€ de C.A du réseau.
Des versions divergentes
Pour Éric Dumont, le conflit porte sur la volonté du master franchisé de ne pas renouveler les contrats des agences de Normandie: «Des contrats de dix ans renouvelables sur demande pour cinq ans. À l'issue des quinze ans, soit on continue, soit le franchisé rachète. Mais, en 2010, le master franchisé a changé de stratégie en voulant récupérer toutes les franchises. Face à notre refus, le master n'a pas hésité à bloquer nos accès informatiques». Un comportement qui entraîne alors la crainte d'une fermeture des centres normands avec une fin de contrat au 17septembre: «Soit 36 emplois menacés», insiste Éric Dumont. Si le tribunal a pris la décision de laisser ouvert les franchises normandes dans une décision du 11juillet, la suite n'est pas aussi simple. Car, pour Nathanaël Wright, l'affaire n'a rien à voir avec une prise de contrôle des franchises: «Il s'agit seulement de changer les termes du contrat pour que je puisse être actionnaire à hauteur de 20% contre 0 aujourd'hui. Car, je me suis aperçu que mes centres étaient plus rentables que les autres: Je veux donc m'impliquer plus avec eux. Si les franchisés ne sont pas d'accord, les centres ne fermeront pas: d'autres les reprendront».
Contrefaçons?
Il semble en fait que l'objet du litige soit plus complexe. Car, lorsqu'on appelle le Tribunal de commerce de Rouen pour connaître les raisons de la plainte, on découvre que celle-ci porte sur un contrat de prestations de service et une saisie de contrefaçons. Une version confirmée par Nathanaël Wright: «Éric Dumont cherche à noyer le poisson via les changements de contrats. Le fond du dossier, c'est que l'on a fait saisir par un juge, dans ses centres et chez un imprimeur, des contrefaçons de matériel pour 200.000€ (Le Tribunal de grande instance de Paris est saisi, Ndlr). Chez l'imprimeur, nous avons trouvé pour quatre ans de factures correspondant à notre matériel pédagogique. Un problème avec les franchisés normands et picards, sinon tous les autres sont renouvelés. Ces procédés sont strictement interdits par notre Master monde, seul a disposer des droits sur le matériel. Les franchisés doivent passer par nous pour valider une commande. Ici, l'objectif était de gagner de l'argent!» Si Éric Dumont reconnaît qu'un litige a eu lieu il y a quelques années sur le sujet, il explique que tout cela est loin et que l'affaire porte sur la volonté du master France de: «Récupérer les franchises en propre pour augmenter son résultat et s'introduire en Bourse». Et Nathanaël Wright de conclure: «Le matériel pédagogique couvre 50% des revenus du master monde. Si je ne poursuis pas Éric Dumont, je perdrai ma master franchise car le master monde considérera que je ne défends plus ses intérêts». Prochain rendez-vous, début 2012, avec un jugement sur le fond du dossier.
formation Selon le franchisé normand de Wall street institute, le master France cherche à récupérer l'ensemble des franchises. Une version réfutée par l'intéressé.