Après Loxam, le groupe Michelin. La marque au bibendum vient de rejoindre en tant que partenaire financier l'étape lorientaise de la Volvo Ocean Race (VOR). «Avec ça, on a un peu l'impression d'avoir la tête hors de l'eau», souligne Bernard Bocquet, président de l'association organisatrice Lorient Grand Large. Et deux autres partenaires financiers viennent tout juste de signer. Jusqu'au bout, jusqu'au début des festivités le 17juin, la célèbre course au large va chercher à équilibrer son financement.
30 à 40% de marge
«Le budget est d'environ trois millions d'euros», rappelle Christophe Baudry, directeur de Lorient Grand Large. «Il est financé pour un tiers par le public, un tiers par le privé et un autre tiers par la commercialisation du village.» Avec un objectif de 30 à 40% de taux de marge pour les stands de la VOR. Comme près de 40% des recettes globales seront générées par la vie sur le village, l'affluence reste primordiale. Autre inconnue: le soutien du conseil général du Morbihan, alors que la Région Bretagne et Lorient Agglomération ont déjà annoncé qu'elles montaient à bord. «Il nous manque cet échelon intermédiaire mais on ne voit pas comment ils pourraient s'exonérer de participer», remarque Bernard Bocquet. Lorient doit aussi composer avec l'annonce de l'arrêt du sponsoring voile par Veolia Environnement et Groupama, confrontés à des pertes drastiques. Les deux nouvelles sont tombées coup sur coup, comme des couperets, pour le petit groupe de décideurs Lorientais qui s'active autour de la VOR. Même Olivier Brémont, le directeur commercial de la Volvo Ocean Race, basé à Alicante, reconnaît que son organisation va être obligée de s'adapter: «Nous voulons plus d'équipes sur la ligne de départ et réfléchissons à faire évoluer la catégorie de bateau.» Pour simplifier, il va falloir baisser le panier moyen et augmenter le nombre de paniers. Christophe Baudry tient en tout cas à relativiser certaines annonces. «Groupama a dit qu'ils sortiraient du football et réduiraient leur effort sur la voile» nuance-t-il. «Mais ils vont rester engagés jusqu'en 2015.»
Plancher de douzemillions
Bernard Bocquet, lui, fait une nette différence entre Groupama et Veolia Environnement, estimant que «Groupama a passé ses pertes grecques en une seule année alors que les autres perdent beaucoup d'argent depuis des années. Quand l'un se fait arracher une ou deux dents, l'autre est atteint d'un cancer.» Toute cette fumée noire est néanmoins de mauvais augure pour un rendez-vous encore en quête de gros partenaires. Malgré la présence d'Inter-Pôle, Azimut ou Lori S.I..Certes, un club d'une cinquantaine d'entreprises locales se mobilise fortement avec le soutien du Medef 56. Si prompt à s'enflammer sur la taxe transport, par exemple, celui-ci sera-t-il encore aux côtés de la Volvo s'il est question que la collectivité éponge les dettes de l'événement? En termes de retombées économiques, le discours évolue peu à peu. On parle aujourd'hui d'un niveau plancher de douzemillions d'euros en dessous duquel il ne faudra pas descendre. Alors que l'été dernier, l'objectif affiché était encore de 28 à 30millions d'euros. «Si on s'aperçoit qu'il va manquer beaucoup d'argent, on pourra toujours réduire les locations de chapiteaux», détaille Bernard Bocquet. «L'association devra recourir à l'emprunt pour boucler le financement. On espère que Lorient Agglomération sera alors à nos côtés.»
ÉvénementielMalgré la présence du groupe Michelin dans la team lorientaise de la Volvo Ocean Race, certains objectifs sont revus à la baisse.