«À l'heure où l'argent ne vaut plus rien, pourquoi ne pas se faire plaisir en assouvissant son rêve de jeunesse!» Dominique Pascal, historien de l'automobile, prévient d'emblée: «Acheter une voiture de course ou de collection en pensant investissement et plus-value, il faut oublier. Même s'il existe des opportunités.»
Les Anglais champions du monde
Investir une partie de ses économies dans la voiture de ses rêves est donc d'abord affaire de passion. Les Anglais sont à cet égard les champions du monde du genre. Leur premier club Bugatti date de... 1920. Et sillonner les routes Outre-Manche est un vrai plaisir des yeux tant il est courant de croiser des modèles antédiluviens qui, de ce côté de la Manche, ne sortiraient pas du musée. «L'Angleterre a une législation beaucoup plus permissive que la France», souligne toutefois Dominique Pascal.
«C'est très volatil»
Ici, en revanche, une hausse constante du coût des carburants et l'application stricte des normes environnementales peuvent constituer de sérieux freins à un achat de ce type. Même si la fiscalité est nulle, sauf à posséder un bolide d'une valeur susceptible d'influer sur le calcul de son IR ou de déclencher le seuil de l'ISF. Pour exemple, une Ferrari 250 GT 961 châssis court type Competizione coûte la bagatelle d'1,5 à 2millions d'euros! Impossible d'aborder ce marché sous l'angle strictement spéculatif. «C'est très volatil, note Dominique Pascal. Vouloir spéculer, c'est la garantie presque certaine de se planter. Les gens cherchent souvent, l'âge mûr et une assise financière venus, à réaliser un rêve d'adolescent.» Résultat: les Berline Alpine 1600 ou les R8 Gordini ont le vent en poupe auprès de la génération du baby-boom alors que Rolls Royce n'a plus la côte: une Silver Shadow peut se négocier au prix d'une R8 Gordini, autour de 30.000 €. Les SM ou les Lamborghini ont aussi leurs fans. Une Jaguar type E des années 1960 se négocie autour de 100.000 € mais il est des coups de coeur plus accessibles comme une bonne vieille 4L ou une VW Coccinelle qui révèlent un certain "art de vivre".
Investir dans une voiture qui a un palmarès
«Le must, c'est d'investir dans une voiture de course qui a un palmarès. En sachant qu'on ne pourra s'en servir que sur circuit, explique Dominique Pascal. En fait, poursuit-il, les collectionneurs recherchent les voitures qui les ont fait rêver quand ils avaient 18-20 ans. Pour spéculer, il faudrait savoir aujourd'hui quelles voitures resteront dans la tête des gens dans 10 à 20 ans. Et c'est très compliqué. D'autant qu'il n'est pas certain que les machines bourrées d'électronique soient toujours utilisables dans 20 ans...» Bref, un investissement-passion pur, avec cette réflexion de Dominique Pascal en guise de conclusion: «En 2000, à la suite d'un héritage, j'avais placé 45.000 € sur une assurance-vie. Au bout du compte, j'ai récupéré 34.000 €. En 2000, une Berline Alpine 1600 valait 30.000 €. Aujourd'hui, elle vaut 120.000 €.» Comme quoi la passion peut aussi être rentable!
Investir une partie de ses économies dans la voiture de ses rêves est donc d'abord affaire de passion. Impossible d'aborder ce marché sous l'angle strictement spéculatif.