Voco France fabrique du fil d'acier pour la fabrication d'éponges métalliques. Un marché de niche seulement encore pertinent dans les pays africains. En proie à la concurrence chinoise et à la généralisation des poêles en téflon, la société a dû abandonner la fabrication des produits finis en 2004. Cette même année, elle dépose le bilan et se sépare de 40 salariés. L'entreprise parvient à remonter la pente, mais en 2008 elle rencontre à nouveau des difficultés de trésorerie et dépose le bilan une nouvelle fois. Mais cette fois-ci, elle est rachetée par le groupe suisse Notz qui avait auparavant mis la main sur le concurrent suisse de la tréfilerie de Dannemarie. Ces acquisitions profitent à l'entreprise alsacienne: le groupe décide de mettre en vente l'usine suisse et de rapatrier la production en France. D'ici à la fin du mois de mai, l'usine de Dannemarie va récupérer une vingtaine de machines dont la valeur atteint 1,6million d'euros. «Nous allons passer de 1.600 tonnes de fils d'acier produits par an à environ 3.000 tonnes», annonce Jean-Marc Vogler, le directeur de Voco France. En 2008, l'entreprise a réalisé 4,5millions d'euros de chiffre d'affaires, pour un résultat net de 150.000euros. Cette année, avec l'augmentation de la capacité de production et les économies d'échelle, elle espère atteindre 7millions d'euros de chiffre d'affaires.
Diversification de l'activité
Si le groupe a choisi l'Alsace, c'est pour une raison de stratégie commerciale. «En produisant en France, membre de l'Union européenne, l'objectif est d'éviter certaines taxes en vigueur en Suisse», rappelle Jean-Marc Vogler. Le groupe Notz a également décidé de diversifier l'activité. Le site de Dannemarie va fabriquer du fil en inox à forte valeur ajoutée pour les ressorts de montres, les balais d'essuie-glace et les baleines de soutien-gorge. Pour cette activité, des investissements ou des transferts de machines sont programmés pour cet automne. Le groupe investit également 500.000euros dans des travaux de mise aux normes et d'adaptation des locaux. «Désormais, nous ne sommes plus monoproduit et nos seuls concurrents sont en Chine, mais ils ne parviennent pas à notre niveau de qualité. Tout cela nous procure un ballon d'oxygène», s'enthousiasme le directeur de l'usine. Mais concernant les embauches, il reste prudent. Le temps de travail est passé de 35 à 40h et pour le moment, l'entreprise a recruté des intérimaires. «Si les bons scores se confirment, nous les transformerons en CDI, mais dans un premier temps, nous voulons consolider les résultats actuels», prévient-il.
Sauvée en juillet dernier grâce au rachat du groupe suisse Notz, la tréfilerie Vogt à Dannemarie, devenue Voco France, repart sur de nouvelles bases.