Vendée : Le repreneur de FagorBrandt sur la bonne voie
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Vendée : Le repreneur de FagorBrandt sur la bonne voie

Repris par Variance Technologies l’an dernier, l’ex-usine FagorBrandt d’Aizenay décroche un nouveau contrat. Il s'agit de l’assemblage d’un appareil électroménager haut de gamme : un défroisseur à vapeur. De bon augure, alors que son contrat de fabrication de micro-ondes arrive à échéance fin 2015.

Le compte à rebours est lancé pour les anciennes usines de FagorBrandt, reprises respectivement l'an dernier par Variance Technologies à Aizenay et S20 Industries à La Roche-sur-Yon. Après avoir racheté Brandt France, mais pas les sites vendéens, l’industriel algérien Cevital leur a octroyé un contrat de sous-traitance pour la fabrication de lave-linge et lave-vaisselle (pour La Roche) et de fours à micro-ondes (pour Aizenay), s’étalant jusqu’à fin 2015. Le temps de se reconvertir.

A quelques mois de l’échéance, les usines vendéennes dénichent peu à peu de nouveaux contrats.

Une idée venue des USA
Dans les ateliers agésinates, où Variance Technologies a repris 53 salariés sur 100 en avril 2014, des petites mains assemblent depuis quelques semaines des « défroisseurs à vapeur », un nouvel appareil haut de gamme. Le système permet d’effacer les plis des chemises, robes ou costumes, grâce à la chaleur de la vapeur, donc sans avoir à repasser. La marque : «SteamOne».

L’idée a germé dans la tête de deux créateurs de prêt-à-porter féminin basés à Paris. Habitués à utiliser ce type d'appareil depuis une précédente expérience professionnelle aux Etats-Unis, ils s'étonnent de ne pas le trouver en France à leur retour. SteamOne naît alors en 2005. La société fournit aujourd'hui des magasins de vêtement, des distributeurs tels que Darty, Boulanger ou la Camif...


Objectif : rapatrier la production chinoise en Vendée
Assez symbolique encore, ce petit îlot d’assemblage occupe près d’une dizaine de personnes en Vendée, mais s’avère prometteur. « il s’agit d’un galop d’essai. SteamOne souhaite rapatrier 100% de sa production de l'Asie vers la France d'ici trois à cinq ans. Et pourquoi pas 100% en Vendée... », annonce David Gabison, cofondateur de l’entreprise avec son frère. En croissance sa PME d’une vingtaine de salariés a déjà produit 40.000 unités en 2014 et table sur 60.000 autres en 2015. Objectif : devenir le leader mondial sur son produit à terme.

Patron de Variance Technologies, Francis Perrin ne boude pas son plaisir : «C’est une petite victoire». D'autant qu'à celle-ci s’ajoutent d’autres pistes de reconversion.


Ayant récemment acquis une petite PME spécialisée en plasturgie en Allemagne, l’entrepreneur mayennais compte déplacer une partie de dette nouvelle activité vers la Vendée. Enfin, une autre société de son groupe régional «Multifinances», groupe centré sur les métiers de la plasturgie (320 salariés, 32 M€ CA), vient également de « signer un contrat avec un leader du petit électroménager qui relocalise, lui, aussi une production jusqu’ici faite en Chine». La hausse d’activité générée pourrait profiter à terme au site vendéen.


Ironie du sort, alors que les usines vendéennes de feu FagorBrandt avaient vu certaines productions partir vers une destination low-cost, la Pologne, l’un de ses sites s'attend donc à accueillir des productions jusqu'ici réalisées à l'étranger...


L'argument du Made in France
La carte du Made in France et une conjoncture plus favorable expliquent en partie le phénomène. « Pour convaincre les distributeurs français au départ, il fallait un prix très abordable, on a donc fabriqué en Chine,» explique David Gabison. « Mais le made in France reste notre objectif, car c'est un label international de qualité. Sachant que sur notre produit haut de gamme, on visera toujours le 0 défaut. On recherche aussi plus de réactivité, or sous-traiter en Asie suppose des délais incompressibles... Enfin si vous misez sur la R&D, vous risquez de vous faire piller votre savoir-faire là-bas, en dépit de tous les brevets et enveloppes INPI possibles...»

De son côté, Francis Perrin constate que « la baisse de l’euro fait réfléchir beaucoup d’industriels...». Le patron de SteamOne confirme l’impact des cours : « le taux de change a faire bondir notre prix de revient 25% au cours des six derniers mois ».


Variance Technologies « toujours en croissance et rentable»
A Aizenay, l’autre planche de salut des ex-salariés de Fagor reste la croissance organique de Variance Technologies sur son métier d’origine, la plasturgie. Sur son autre site de La Roche-sur-Yon, la PME sort par exemple des façades de compteurs pour PSA ou des coques de box pour SFR...

Née de la reprise de Spid 85 en 2012 «qui accusait 700.000 euros de pertes à l'époque», rappelle son dirigeant - l’entreprise a connu depuis une forte croissance (de 7 M€ de CA en 2012 à 9 M€ en 2013 et 11,7 M€ en 2014). «Nous avons toujours été rentables et on devrait l'être encore en 2015, vu notre performance actuelle», assure Francis Perrin. Les deux activités de l’entreprises vont d’ailleurs bientôt être réunies, puisque les salariés yonnais rejoindront le site d’Aizenay à partir du mois d’août et progressivement jusqu’à la fin de l’année.


S20 annonce aussi de nouveaux contrats
De son côté, la société S20 Industries, qui a repris le principal site de Fagor à La Roche-sur-Yon, près de l'aérodrome des Ajoncs, se lance aussi. L’usine a conservé 170 des 330 salariés employés avant la faillite. «Les premiers contrats de sous-traitance autres que Cevital ont été signés début 2015, annonce le patron de S20, Philippe Boudard. Ils portent sur les secteurs de l'industrie et du bâtiment.» Très discret, le dirigeant n'en dit pas plus. Tout début 2015, la PME avait connu un court épisode de chômage partiel «dû à la saisonnalité de la production de sèche-linge» , explique Philippe Boudard. D'autres projets figurent dans les cartons.



Variance Technologie (Aizenay)
Dirigeant : Francis Perrin
130 salariés ; 11,7 M€

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