Fondée il y a sept ans en région parisienne, la société Vectrawave a décidé de poursuivre son aventure commerciale dans le Trégor. Une relocalisation stratégique pour ce concepteur de composants électroniques hyperfréquences à forte valeur ajoutée. « Je parlerai davantage de retour aux sources, confie Yan Haentjens, P-dg de la structure. La plupart des personnes physiques associées au capital sont des anciens collaborateurs du groupe Highwave via le rachat d'une précédente société fondée dans la Trégor, DA-Lightcom. »
Des ex-cadres Highwave
En 2006, le pool d'associés décide de se relancer dans l'aventure de la création d'entreprise. « Nous pensions relancer une filiale d'Highwave basée en région parisienne. Finalement nous sommes repartis de zéro avec ce souhait de rester en Ile-de-France, une localisation qui nous paraissait plus simple pour nous développer rapidement. » Le scénario écrit ne se passe finalement pas comme prévu. Difficulté de recrutement d'ingénieurs spécialisés, isolement dans une zone d'activité multifilière, prix très élevé des locaux, etc. « C'est en ce sens que revenir à Lannion a offert une réponse à toutes ces problématiques. Sur les neuf salariés de Vectrawave, six ont suivi. À la fin de l'année, vue nos performances commerciales, nous aurons doublé les effectifs. »
Un réseau de sous-traitance
Proximité de l'école d'ingénieur Enssat, accueil chaleureux des collectivités locales, présence d'un véritable réseau autour des TIC, etc. « Je retiens surtout l'accompagnement exceptionnel de l'Adit dans les démarches administratives. Je pense n'avoir jamais vu cela ailleurs. » À l'occasion de ce retour aux pays, Vectrawave en a profité pour nouer des liens plus forts avec des sous-traitants locaux. « Nous sommes une entreprise fabless, c'est-à-dire sans outil de production. Notre valeur ajoutée se situe dans la conception sur-mesure de solutions techniques pour nos clients. Sur Paris, il était très difficile de trouver des industriels qui pouvaient travailler à façon pour nous. Ici, nous avons rapidement conclu avec Europrocess, par exemple. » Et l'éloignement des centres de décisions dans tout cela. « Cela n'a pas été un frein. Il y a certes l'avion mais sa présence n'a pas été un élément central. Je prends régulièrement le train sur Rennes pour voyager en Europe ou aux USA. Notre marché se situe à 80 % à l'international. Alors certes, il faut s'organiser autrement mais les conditions de vie et de travail sont bien meilleures. »
Un fonds régional
L'accompagnement financier a également pesé. En posant ses valises en mai dernier, Vectrawave a bénéficié d'une deuxième levée de fonds menée auprès de Sigma Gestion et du fonds bretons Nestadio. « La concurrence en la matière est plus rude sur Paris, notamment quand on a besoin de moyens importants pour financer de la R & D. Depuis 2006, nous avons levé près de 1,5 million d'euros. Nous sommes déjà certains que notre présence en Bretagne va nous permettre de convaincre d'autres partenaires dans les mois à venir. »
Vectrawave
(Lannion) P-dg : Yan Haentjens 12 salariés Chiffre d'affaires 2012 : 1,6 million d'euros 06 19 87 05 60