Valorisation de l'entreprise «Une sorte d'alchimie»
# Conjoncture

Valorisation de l'entreprise «Une sorte d'alchimie»

Établir le prix de cession d'une entreprise est un exercice compliqué. La seule étude des derniers bilans ne peut suffire à établir le prix de cession d'une entreprise. Membre fondateur de Synextrans, Syndicat Professionnel des Experts en Transmission d'entreprises, Patrick Cadel (Artémis) propose une grille de lecture en quatre étapes.






Comprendre le passé

D'où vient l'entreprise? Quelle est son histoire? L'influence du cédant sur ce parcours? Pour quelles raisons souhaite-t-il céder son entreprise? C'est souvent en s'intéressant à ce passé qu'une anomalie peut être décelée, qui ne figure pas au bilan, document certes incontournable mais largement insuffisant. Cette recherche permet de vérifier la cohérence des bilans. Et c'est à ce stade que le repreneur potentiel envisage les retraitements éventuels: poids de la dette, état du parc matériel, niveau des stocks et de la trésorerie, rémunération du dirigeant... Autant de points qui influent sur la rentabilité effective de l'entreprise.




La prise en compte du présent

Situation macroéconomique, attractivité du secteur, positionnement de l'entreprise sur ses marchés sont autant de variables qui pèsent sur la valeur de l'entreprise. Le repreneur s'intéressera aussi aux équipes en place. Comment sont-elles gérées? Ont-elles capacité à développer leurs compétences? Sont-elles à même de s'intégrer dans une nouvelle ligne managériale? Quel est leur potentiel d'innovation? «Reprendre une entreprise, c'est établir des relations avec des hommes et des femmes déjà en place, avec leurs savoir-faire, leurs habitudes. Il faut être sûr de pouvoir s'accorder avec les équipes pour aller de l'avant», souligne Patrick Cadel.




Apprécier les capacités futures potentielles

Un acquéreur ne peut se contenter de vouloir gérer une entreprise à l'identique. Il doit s'interroger sur ses opportunités de développement, sur les marges de manoeuvre susceptibles de générer de la croissance et de l'innovation. Cette étape de la réflexion induit la notion de risque car faire bouger les lignes n'est jamais neutre. Quel est le niveau de risque acceptable? Comment concevoir un plan B ou C? Le repreneur doit se poser ces questions bien avant la cession.




Le projet du repreneur

Les remarques précédentes supposent l'existence d'un projet de développement porté par l'acquéreur. Et de sa capacité à le réaliser. Les cédants sont souvent très regardants sur ce point car il va, lui aussi, peser sur le montant de la transaction. «Valoriser une entreprise en vue de cession est une sorte d'alchimie qui ne peut se résumer à la seule analyse des résultats comptables, conclut Patrick Cadel. Entrent en lice des éléments subjectifs nombreux qu'il faut étudier dans le détail. C'est évidemment plus long, une telle démarche passe souvent par le recours à des experts, mais c'est aussi le gage du meilleur compromis possible entre les deux parties pour une reprise pérenne.»

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