« Notre objectif a toujours été d'être indépendant, profitable et, en même temps, de financer de la recherche ». Pour l'instant, l'indépendance, Franck Grimaud, directeur général Valneva, l'a. Née en mai dernier de la fusion entre le Nantais Vivalis et l'Autrichien Intercell, la société de biotechnologies est toujours contrôlée par le groupe choletais Grimaud, qui détient 21 % des parts sociales et 80 % des droits de vote de Valneva dont près des deux tiers du capital sont en Bourse.La recherche, l'entreprise en fait aussi. Et pas qu'un peu : 20 millions d'euros sont investis cette année dans le développement de vaccins et d'anticorps.Ce qu'il manque aujourd'hui à Valneva, c'est la rentabilité. En 2013, la société de biotechnologies va en effet essuyer entre 20 et 25 millions d'euros de pertes. Le montant n'effraie pas Franck Grimaud, qui a réalisé cet été une augmentation de capital de 40 millions d'euros. La rentabilité, Valneva devrait s'en approcher en 2014 et atteindre le point mort l'année suivante. « L'équilibre, c'est jouable en 2015 », assure le dirigeant nantais.Pour cela, Franck Grimaud compte sur la finalisation des synergies entre les anciennes équipes de Vivalis et celles d'Intercell qui sont dispatchées entre Saint-Herblain, Lyon, l'Autriche l'Écosse, le Japon et les États-Unis. Valneva peut aussi compter sur la vente de son pôle français de bio-production à la société indienne Biological E (lire ci-dessous) pour abaisser son point mort. La PME de 275 salariés économise « un peu moins de cinq millions d'euros » de charges par an suite à la vente de cette usine de 1.500 m².
Les ventes de vaccin décollent
Mais, pour atteindre l'équilibre, le Nantais compte surtout sur le développement du chiffre d'affaires de Valneva. Pour l'instant, l'entreprise commercialise un vaccin, développé par Intercell, contre l'encéphalite japonaise. Actuellement vendu dans une trentaine de pays, ce vaccin vient d'enregistrer sa plus importante commande, auprès de l'armée américaine. Sur les neuf premiers mois de l'année, les ventes sont en hausse de 14 % par rapport à 2012. Elles ont généré 20 millions d'euros de chiffre d'affaires.Franck Grimaud veut « au moins un deuxième vaccin », qu'il achètera ou développera en interne. Les trois quarts des vingt millions investis cette année en R & D doivent ainsi permettre à Valneva de poursuivre ses recherches, sachant qu'« il faut compter 150 millions d'euros pour le plus petit développement de vaccin », assure le Nantais.Valneva n'a pas vocation à se pencher sur des maladies comme le cancer, la grippe ou le Sida. Trop risqué et trop complexe à gérer pour une PME. « On va plutôt cibler des vaccins de niches, comme les vaccins des voyageurs, qui intéressent un peu moins les grands groupes mondiaux », explique Franck Grimaud. D'autres développements sont en cours, visant notamment à mettre sur le marché un vaccin contre le pseudomonas, une maladie des hôpitaux.
Royalties
Valneva compte aussi tirer des revenus d'une technologie permettant de créer d'une nouvelle façon des vaccins. Celle-ci ne s'appuie par sur des oeufs comme c'est le cas pour la très grande majorité des vaccins aujourd'hui, mais sur des cellules de canard. Cela doit offrir des gains de productivité. Sanofi, Novartis, GSK : les grands groupes de santé mondiaux testent actuellement la technologie développée à Nantes. Depuis des années, une centaine de vaccins utilisant la technologie de Valneva sont en cours de développement. L'an passé, un premier vaccin vétérinaire a été autorisé. L'an prochain, un deuxième vaccin, humain cette fois, devrait être mis sur le marché. Contre la grippe pandémique, il est développé par GSK et Kaketsuken. Valneva tirera des royalties de la vente des vaccins de ses partenaires.C'est en boostant à la fois la vente de ses propres produits et en misant sur le succès des vaccins développés par ses partenaires que Franck Grimaud compte atteindre l'équilibre en 2015.
Valneva
(Lyon)Directeur général : Franck Grimaud275 salariés13 M€ de CA en 201202 28 07 37 10