Valneva : « On fonde beaucoup d'espoirs sur ce vaccin »
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Valneva : « On fonde beaucoup d'espoirs sur ce vaccin »

Biotechnologies Valneva planche sur son deuxième vaccin. Une étape majeure pour la PME nanto-autrichienne. Explications de Franck Grimaud, le directeur général.

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ranck Grimaud, Valneva vient d'annoncer la poursuite des essais sur l'homme de son candidat vaccin contre le pseudomonas aeruginosa. En quoi cette décision est importante pour l'entreprise ?

C'est un événement majeur pour Valneva. Ces bactéries sont responsables d'infections nosocomiales, ce qu'on appelle les maladies des hôpitaux. On vise les gens qui passent dans les unités de soin intensif. Cela représente un million de personnes par an aux États-Unis et en Europe. Parmi elles, 40 % sont contaminés par le pseudomonas et 20 % décèdent. C'est un vrai problème de santé publique et on a montré qu'on avait des résultats cliniques significatifs. Cela nous amène aujourd'hui à poursuivre les essais cliniques. Ce programme de recherche est piloté depuis une dizaine d'années par les équipes autrichiennes d'Intercell (NDLR : avec qui le Nantais Vivalis a fusionné pour donner naissance à Valneva). Si tout se passe bien, notre candidat vaccin pourrait être mis sur le marché en 2017.


Quelles retombées économiques pour Valneva si ce vaccin est mis sur le marché ?

En termes financiers, si on va jusqu'au bout, soit on partage le profit opérationnel sur ce vaccin, grosso modo à 50/50, avec notre partenaire Novartis, qui co-finance les essais cliniques. Soit Novartis nous règle un paiement forfaitaire de 120 millions d'euros auquel s'ajoute 10 % du chiffre d'affaires réalisé sur les ventes. C'est donc un sujet absolument majeur pour nous et on fonde beaucoup d'espoirs sur ce vaccin. Surtout que, à l'échelle du temps pharmaceutique, 2017, c'est demain.


La deuxième bonne nouvelle vient du Japon où un premier vaccin sur l'homme, utilisant la technologie développée à Nantes par Valneva, a été autorisé...

Nous avions donné une licence mondiale à GSK pour le développement et la vente de vaccins contre la grippe pandémique et saisonnière qui utilise la technologie EB66 que nous avons développée (NDLR : les vaccins ne sont plus développés à partir d'oeufs, mais à partir de cellules de canard, ce qui offre au fabricant des gains de productivité). GSK a octroyé une sous-licence à Kaketsuken. Les deux entreprises ont obtenu le feu vert des autorités japonaises pour mettre sur le marché un vaccin H5N1. En cas de pandémie, Kaketsuken est en mesure de produire jusqu'à 80 millions de doses. La société peut également, si le gouvernement japonais le demande, constituer des stocks. Dans les deux cas, Valneva recevra des royalties. GSK et Kaketsuken vont également reprendre un cycle de développement contre la grippe saisonnière, toujours en utilisant l'EB66. C'est un vaccin similaire à celui contre le H5N1, mais le marché est autrement plus important.


La troisième bonne nouvelle vient du Pérou. La société Farvet a obtenu l'autorisation de mise sur le marché d'un vaccin vétérinaire utilisant la lignée cellulaire EB66. Vous attendez-vous à d'autres annonces de ce genre à l'avenir ?

Je l'espère ! Valneva compte aujourd'hui plus de 35 accords de licence avec des sociétés pharmaceutiques pour fabriquer des vaccins humains et vétérinaires à partir de notre lignée cellulaire EB66. Nos partenaires ont obtenu à ce jour trois autorisations de mise sur le marché. On s'attend désormais à ce qu'il y ait deux autorisations par an. Petit à petit, Valneva va commencer à bénéficier d'un flux de royalties sur la vente de ces vaccins. Pour un vaccin vétérinaire, nous toucherons des royalties comprises entre 1,5 et 5 % des ventes. Pour un vaccin humain, elles se monteront entre 2,5 et 6 %.


Comptez-vous toujours devenir rentable en 2015 ?

Étant donné que nous poursuivons les études sur le pseudomonas, nous allons reporter l'équilibre financier d'un ou deux ans. Néanmoins, les pertes vont être réduites de manières substantielles en 2014 par rapport à l'exercice 2013. D'une part, parce que les synergies entre les anciennes Vivalis et Intercell sont déjà en place. D'autre part, parce que notre profit va augmenter sur le vaccin que nous commercialisons (NDLR : contre l'encéphalite japonaise).


Quel niveau de pertes visez-vous cette année ?

Nous avons bouclé notre exercice 2013 à 36 millions d'euros de chiffre d'affaires, 24 millions de pertes et 40 millions de cash. Nous voulons cette année diviser de moitié les pertes.

Valneva



(Lyon) Dg : Franck Grimaud 280 salariés 36 M€ de CA 24 M€ de pertes 02 28 07 37 10

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