Le courrier adressé le 9 décembre 2013 au Premier ministre de l'époque, Jean-Marc Ayrault, par une trentaine d'élus Normands et Franciliens aura finalement porté ses fruits. La Vallée de la Seine est aujourd'hui reconnue par l'État « comme un territoire stratégique », se félicite le président de la région Haute-Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol (PS). L'aréopage suggérait alors de mettre en place un Contrat de Projets Interrégional Etat-Régions spécifique (CPIER) estampillé « Vallée de la Seine » qui permette de dégager des moyens supplémentaires « sans qu'en soient impactées les dotations dont bénéficieront les CPER régionaux ». L'appel a donc été entendu, faisant de cet espace commun à trois régions « le seul espace interrégional faisant l'objet d'un contrat de plan spécifique ».
L'État apportera 310 M€ à la Vallée de la Seine
Concrètement, l'État a confirmé en fin d'année un engagement à hauteur de 310 millions d'euros, hors CPER, soit un peu plus de 50 millions d'euros supplémentaires par an sur six ans, la durée du contrat de plan. Au grand soulagement des élus : « les rapports c'est bien, mais nous voulions passer au sonnant et trébuchant ! », résume Nicolas Mayer-Rossignol. « Nous sommes sortis de la théorie pour passer à la pratique », savoure l'élu qui pointe l'impact de cette décision sur les grands projets d'infrastructures qui n'attendaient que cela : la ligne Serqueux-Gisors à laquelle la région va d'ailleurs abonder à hauteur de 90 millions d'euros ; ou encore le port fluvial d'Alizay dans l'Eure à proximité du site de la papeterie DoubleA. Des engagements qui viennent s'ajouter, souligne le président de la Région, à ceux déjà pris dans le cadre du CPER auquel l'État devrait consacrer 365 millions d'euros.
Un CPER jugé « pas parfait !
» Un CPER qu'il qualifie de « pas parfait » mais qui va permettre de financer des travaux essentiels tels que les accès Sud du pont Flaubert à Rouen, le projet de nouvelle gare Saint-Sever, toujours à Rouen, la Ligne Nouvelle Paris Normandie (LNPN), ou encore les travaux du quai d'Osaka au Havre. Au final, reconnaît Nicolas Mayer-Rossignol, « on a les financements que l'on avait demandés » ! Pas si mal dans un contexte de baisse des dotations de l'État aux collectivités locales. Mais désormais, « il faut que les régions mettent au pot ». Dans le cadre du CPER, l'enveloppe votée en décembre sera équivalente à celle avancée par l'État, soit 300 millions d'euros. Et 100 millions supplémentaires pour le CPIER qui cette fois-ci concerne l'Ile-de-France et la Basse-Normandie, également contributrices. « C'est un moment charnière », insiste l'élu Haut-Normand, alors que se profile la fusion des deux régions normandes.
Guillaume Ducable
L'Etat a confirmé son engagement dans le cadre du contrat de projet interrégional (CPIER) de la Vallée de la Seine à hauteur de 310 millions d'euros.