À Grenoble, la start-up UroMems s’apprête à franchir une étape décisive vers la commercialisation de son implant actif contre l’incontinence urinaire d’effort. Un pari audacieux né du croisement entre microélectronique et ingénierie médicale, qui place l’entreprise parmi les pépites de la « medtech » française.
Après une première étude clinique pilote menée sur douze patients — six hommes et six femmes — UroMems prépare une étude à plus grande échelle pour obtenir les autorisations de mise sur le marché. En parallèle, l’entreprise finalise l’industrialisation de son dispositif afin d’en garantir la reproductibilité et la montée en cadence.
Un dispositif aussi sûr qu’un pacemaker
Fondée en 2011 par Hamid Lamraoui, ancien doctorant de l’Université Grenoble Alpes, UroMems est issue des laboratoires TIMA et TIMC, où a été démontrée la première preuve de concept d’un implant intelligent. L’idée : remplacer les systèmes passifs existants par un muscle artificiel myoélectromécanique, capable de s’adapter en temps réel à la physiologie du patient. " Nous avons voulu créer un dispositif aussi sûr et robuste qu’un pacemaker, mais au service du contrôle urinaire ", explique le dirigeant.
Ce dispositif, piloté par une simple télécommande externe, offre un confort inédit et ouvre la voie à une médecine personnalisée. L’implant collecte en effet des données anonymisées qui, analysées par intelligence artificielle, permettront d’ajuster les traitements à chaque profil.
44 millions d’euros levés en 2024
Basée entre la France et les États-Unis, UroMems compte déjà 65 salariés et prévoit d’en recruter dix supplémentaires d’ici fin 2025. L’entreprise vise une double reconnaissance réglementaire : le marquage CE en Europe et l’approbation de la FDA outre-Atlantique. La levée de fonds de 44 millions d’euros réalisée en 2024 lui donne les moyens de ses ambitions internationales.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Car la technologie développée par UroMems dépasse le champ de l’urologie. Sa plateforme mécatronique pourrait être adaptée à d’autres indications médicales, à l’image des pacemakers devenus outils de neuromodulation. " Nous avons posé les bases d’une technologie universelle, capable d’interagir avec d’autres systèmes implantables ", anticipe Hamid Lamraoui.