Avec l'explosion des achats en ligne, la logistique urbaine s'est densifiée ces dernières années. Dans un contexte de réduction de la congestion des centres urbains et de limitation des émissions de CO2, Urbismart, start-up fondée il y a tout juste un an, repense le modèle. Comment appréhender la livraison du dernier kilomètre dans des centres villes piétonnisés au bord de la thrombose ? L'approvisionnement des boutiques, désormais doublé par la livraison des colis au domicile ou au bureau des particuliers, devient un vrai casse-tête pour les métropoles. Urbismart a remonté la chaîne logistique jusqu'au premier kilomètre à savoir, à la sortie des grands entrepôts nationaux des industriels. « Nous sommes partis d'une page blanche afin de repenser la logistique globale. En maîtrisant les flux amont, il est possible de réaliser des économies d'échelle. Le principe réside dans la massification des flux depuis les plates-formes logistiques nationales jusqu'aux points de distribution en centre-ville. Si Amazon a, dès l'origine, conçu son modèle pour la livraison de détail, les grandes enseignes n'étaient pas préparées et ont dû investir. Nous concevons chaque ville comme un centre de réapprovisionnement. Les industriels nous confient leur marchandise. Une fois la préparation de commande réalisée, nous livrons à la fois les internautes et les magasins en ville sur le principe d'un camion pour livrer une rue », détaille Jean-Paul Rival, actionnaire d'Urbismart, qui intervient en qualité de commissionnaire de transport et confie la distribution à des prestataires. Un projet pilote a été déployé en septembre 2015 à Bordeaux où six boutiques bordelaises de Petit Bateau et Eurodif ont joué le jeu. « Ces enseignes, séduites par le concept, bénéficient d'une traçabilité en temps réel et sont livrées en 24 h au lieu de 48 h auparavant », explique Jean-Paul Rival. Cette année, l'expérimentation d'Urbismart va se poursuivre dans les rues de Paris. Urbismart, associée à Libner, assurera la livraison avec deux gros-porteurs recarrossés. Une fois engagés dans la zone de livraison, les poids lourds déploieront un petit véhicule électrique embarqué baptisé BIL. Lyon et Marseille figurent également sur la liste. « Nous pouvons imaginer des livraisons originales en fixant des rendez-vous à des coursiers ou bien imaginer avec « Park & Collect » de Parkeon (gestionnaire des horodateurs) un système de livraison dans des consignes automatiques », précise Jean-Paul Rival. Urbismart a pour actionnaires Affine (17 %), propriétaire du centre commercial des Jardins des Quais à Bordeaux et Kaufman & Broad (17 %). La majorité du capital (66 %) est concentrée entre les mains des fondateurs : Jean-Paul Rival, Pierre Orsatelli, Thierry Bruneau et Michel Rascols.
Laurie Maneval
Logistique. La société Urbismart repense la logistique urbaine et a mis en place des projets pilotes à Paris et Bordeaux. Marseille et Lyon devraient suivre.